jeudi 10 novembre 2011

Iran et Israël : vers une nouvelle guerre froide

L'Iran en vert, Israël en orange
 
Le 8 novembre 2011, l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) exprimait ses inquiétudes quand à la nature militaire du programme nucléaire iranien.
Dans les semaines précédents cette annonce, les tensions se sont accentuées  entre l’État hébreu et l’État perse. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, aurait cherché à convaincre les ministres de son gouvernement et son allié américain de lancer une attaque préventive sur les installations nucléaires iraniennes.
L e contenu du rapport a, semble-t-il, calmé le jeu. Israël annonce vouloir étudier les actions de la communauté internationale, notamment en termes de sanctions, avant de remettre la solution militaire sur la table.

Hors le programme nucléaire iranien ne cesse de s’accélérer. La centrale nucléaire de Bouchehr a été inauguré le 12 septembre 2011 et elle va monter en puissance progressivement jusqu’à atteindre son niveau nominal vraisemblablement au début de l’année 2012.
De plus, l’usine d’enrichissement de Natanz devrait bientôt être déménagée vers une usine souterraine à proximité de la ville sainte de Qom. Les installations seraient ainsi à l’abri des attaques et des visites de l’AIEA.
D’autre part, l’Iran renforce son arsenal militaire. La Russie devrait vendre à l’Iran des dispositifs radar Avtobaza. Ces radars hautement sophistiqués permettraient de détecter les avions au-dessus de Golfe Persique mais également de brouiller les instruments électroniques de guidage des missiles.
De plus, le 22 septembre 2011, lors d’une parade militaire commémorant le début de la guerre déclenchée par l'Irak, les forces armées de l’Iran ont présentés leur dernier missile sol-sol le Sajjil 2. Avec une portée de 2500 kilomètres, il peut atteindre Israël (la distance entre Téhéran et Jérusalem n’étant que de 1569 km).

De son coté, le quotidien Haaretz a confirmé le 2 novembre 2011 que l’armée israélienne avait testé un nouveau système de propulsion pour le futur missile sol-sol Jericho III. Ce missile dont la portée serait comprise entre 4500 et 7000 kilomètres pourrait frapper l’Iran. Mais au contraire des Sajjil 2 ce missile plus lourd est destiné à être enterré dans des silos et servir donc d'arme de riposte.
D’autre part, Tel-Aviv a mis en place depuis avril 2011, le système Dôme d’acier (Iron Dome) qui à l’aide de missiles anti-missiles intercepte les roquettes et missiles de courte portée lancés depuis la Bande de Gaza. Tsahal a également commandé le système Sharvit Kessamim (« Le sceptre magique ») destiné à détruire en vol des missiles de moyenne portée.
Ce système qui n’est pas sans rappeler le projet d’Initiative de défense stratégique (surnommé Stars Wars) de Richard Nixon en pleine Guerre Froide.

Car il semble que ce soit une guerre froide à laquelle se livre l’Iran et Israël. Ces deux pays s’affrontent à travers des opérations indirectes comme le firent les USA et l’URSS.
L’Iran soutient la milice chiite du Hezbollah très présente au Liban mais également dans la bande de Gaza et contre laquelle Israël est parti en guerre en 2006.
Des opérations secrètes, attribuées au Mossad, ont considérablement ralenti le programme nucléaire iranien. Au moins trois savants liés au nucléaire iranien ont été assassinés mystérieusement au cours des deux dernières années. Le virus informatique, Stuxnet, a rendu inopérantes les centrifugeuses produisant de l'uranium enrichi à Natanz. De toutes aussi mystérieuses explosions ont saboté des installations souterraines iraniennes en octobre 2010.

Les USA et la Russie s’affrontent de nouveau au travers de leur soutient respectivement pour Israël et pour l’Iran. Mais le danger rode surtout au Moyen-Orient. La nucléarisation de l’Iran pourrait pousser l’Arabie Saoudite à commencer un programme nucléaire pour contrebalancer la domination technologique du seul État chiite.
Le risque de prolifération dans une région aussi stratégique pour les États-Unis et l’Europe ne sera pas ignoré de l’Occident. Selon le quotidien britannique The Guardian, l’armée britannique prépare actuellement des plans pour une éventuelle opération contre le programme nucléaire iranien en appui d’une intervention américaine. Celle-ci ne se ferait qu’en concertation avec Israël qui n’est pas prêt à mettre le feu à la poudrière moyen-orientale.


Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- LEMONDE.FR avec AFP et Reuters – « La France souhaite "des sanctions" pour faire plier l'Iran sur le nucléaire » – lemonde.fr – 8 novembre 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/08/le-rapport-de-l-aiea-eloigne-le-scenario-d-une-attaque-contre-l-iran_1600828_3218.html
- LEMONDE.FR avec AFP et Reuters – « Téhéran maintient son programme nucléaire, l'AIEA exprime ses "inquiétudes" » – lemonde.fr – 8 novembre 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/08/tension-accrue-sur-le-nucleaire-iranien-en-attendant-le-rapport-de-l-aiea_1600346_3218.html
- Alain Rodier – « Iran – Israël : vers l'équilibre de la terreur ? » – Centre Français de Recherche sur le Renseignement – 05/11/2011 http://www.cf2r.org/fr/notes-actualite/iran-israel-vers-equilibre-de-la-terreur.php
- Jacques Benillouche – « L'hypothèse d'une attaque de l'Iran par Israël resurgit » – Slate – 3 novembre 2011 http://www.slate.fr/story/45845/israel-attaque-iran-nucleaire-resurgit
- Zone Militaire – « L’armée britannique prépare des plans pour une opération militaire contre l’Iran » – OPEX360 – 2 novembre 2011 http://www.opex360.com/2011/11/02/larmee-britannique-prepare-des-plans-pour-une-operation-militaire-contre-liran/
- Zone Militaire – « Israël a testé un missile balistique » – OPEX360 – 2 novembre 2011 http://www.opex360.com/2011/11/02/israel-a-teste-un-missile-balistique/
Adrien Jaulmes – « Israël étudie l'option d'un raid contre l'Iran » – Le Figaro – 2 novembre 2011 http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/02/01003-20111102ARTFIG00647-israel-etudie-l-option-d-un-raid-contre-l-iran.php
- Jean-Sylvestre Mongrenier – « L'Iran plaque sensible des relations internationales » – 50 fiches pour comprendre la géopolitique – Editions Bréal – août 2010
- AD – «Nouvelles stratégies du nucléaire  » – GlobalAnalysis France – 2 décembre 2009 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2009/12/nouvelles-strategies-du-nucleaire.html


Par AD

vendredi 4 novembre 2011

Le patrimoine culturel est-il un enjeu géopolitique ?



La Palestine à l’UNESCO
Le 31 octobre 2011, la Palestine est devenue membre à part entière de l'Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Cette organisation a pour but de promouvoir la paix entre les peuples au travers de l’éducation, la culture et le partage des connaissances scientifiques.
En réaction à cette adhésion, les États-Unis et Israël ont suspendu leur participation au budget de l’agence de l’ONU. La seule contribution des USA représente 60 millions de dollars, soit 22 % du budget de l'institution, là où l’État hébreu contribue pour 2 millions de dollars. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a ordonné que ce budget soit réaffecté à des initiatives de coopération ayant les mêmes objectifs [culturels et scientifiques] dans la région.
La force de cette réaction prouve que lorsque l’on est dans un conflit géographique, géopolitique comme c’est le cas du conflit israélo-palestinien, la culture et le patrimoine culturel en particulier sont des enjeux prépondérants.

Patrimoine culturel
Le patrimoine culturel se défini comme l'ensemble des biens, matériels ou immatériels, ayant une importance artistique et/ou historique certaine et qui est généralement préservé, restauré, sauvegardé et généralement montré au public. D’un point de vue géopolitique, le patrimoine culturel matériel prouve la présence d’une culture sur un lieu donné, le patrimoine immatériel participe à la construction de l’identité politique.
La destruction de ce patrimoine est au contraire le moyen de nier ou de faire oublier la présence d’une population sur un territoire. C'est ce qu’on fait les Taliban en mars 2011 lorsqu’ils ont détruit à l’explosif les trois statues monumentales de Bouddha dans la vallée de Bâmiyân du centre de l'Afghanistan.

Le conflit israélo-palestinien
Dans le conflit israélo-palestinien, la question de la présence historique des peuples musulmans et juifs est un point d’échauffement récurrent. Dans ce cadre, l’État hébreu, l’Autorité palestinienne et leurs supporteurs s’affrontent à coup d’études archéologiques.
C’est le cas en particulier à Jérusalem-Est. Cette partie de la ville est revendiqué par l’Autorité palestinienne comme capitale du futur État de Palestine alors qu’Israël proclame que Jérusalem est une et indivisible. Jérusalem-Est correspond au centre de la vieille ville et comprend des quartiers chrétien, juif, musulman et arménien. C’est le cas en particulier du Mont du Temple où se trouvait le Temple de Salomon (dont il ne reste plus que le mur occidental appelé mur des lamentations, ce qui en fait le premier lieu saint du judaïsme) et où se trouve aujourd’hui le dôme du Rocher (ce qui en fait le troisième lieu saint de l’islam sunnite après La Mecque et Médine) et la mosquée d’Al-Aqsa.
Israéliens et Palestiniens s'accusent réciproquement de pratiquer des excavations dans le but d'endommager les monuments de l'autre camp. Les Israéliens s’opposent aux Palestiniens, qui voudraient construire une mosquée plus grande pour accueillir plus de fidèles, en argumentant que cela risquerait de faire effondrer l’esplanade du Temple. Quant aux Palestiniens, ils dénoncent la volonté des Israéliens de faire des fouilles archéologiques pour trouver des traces du temple de Salomon, ce qui rendrait ainsi instables les structures des mosquées.

Dans l’affrontement culturel auquel se livrent les deux parties, l’UNESCO pourrait rapidement jouer un rôle de premier plan. Les représentants de l’Autorité palestinienne au sein de l’institution de l’ONU, ont annoncé que le nouvel adhérant de plein droit allait rapidement signer la Convention sur le patrimoine mondial. Cela permettra alors à la Palestine de faire reconnaitre par l’UNESCO des sites religieux en son propre nom.
En février 2011, l’Autorité palestinienne avait présenté la candidature de Bethléem en Cisjordanie, lieu de naissance du Christ selon la tradition, mais cette candidature avait été rejetée au motif qu'elle ne pouvait être présentée que par un État.
Maintenant membre de plein droit, la Palestine veut faire reconnaitre, dès 2012, l'église de la Nativité à Bethléem. Ensuite, une vingtaine d’autres sites seront proposés dont Hébron, où se trouve le tombeau des Patriarches et Jéricho, une des plus anciennes villes de l'humanité. Ces demandes feront l’objet d’affrontements entre les Palestiniens d’un coté et Israël de l’autre. Certains sites, comme le tombeau des Patriarches, sont, en effet, des lieux sacrés pour le judaïsme, le christianisme et l’islam.


Le patrimoine culturel est donc un enjeu géopolitique fort. En plus des revenus générés par le tourisme, le patrimoine culturel touche à l’identité même des peuples. Or c’est cette identité qui permet d’unifié un pays, un peuple en préparation d’un affrontement avec un autre pays, un autre peuple. Quand ces peuples partagent une histoire et une géographie, ils partagent souvent un patrimoine commun. Il devient alors un terrain d’affrontement alors qu’il pourrait être un lien fort entre les peuples qui œuvrerait pour sa préservation.

Sources :
- Wikipédia, l'encyclopédie libre
- Alain Barluet – « La bataille culturelle des Palestiniens face à Israël » – Le Figaro – 31 octobre 2011 http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/31/01003-20111031ARTFIG00585-la-bataille-culturelle-des-palestiniens-face-a-israel.php
- LeMonde.fr avec Reuters et AFP – « La Palestine devient membre à part entière de l'Unesco » – lemonde.fr – 31 octobre 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/10/31/l-unesco-se-prononce-sur-la-demande-d-adhesion-de-l-autorite-palestinienne_1596258_3218.html
- LeMonde.fr avec Reuters et AFP – « L'adhésion palestinienne redonne à l'Unesco une place dans la diplomatie internationale » – lemonde.fr – 1 novembre 2011 http://www.lemonde.fr/international/article/2011/11/01/l-adhesion-palestinienne-redonne-a-l-unesco-une-place-dans-la-diplomatie-internationale_1597014_3210.html
- LeMonde.fr avec Reuters et AFP – « Israël sanctionne la Palestine au lendemain de son adhésion à l'Unesco » – lemonde.fr – 1 novembre 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/01/israel-sanctionne-la-palestine-au-lendemain-de-son-adhesion-a-l-unesco_1597104_3218.html
- LeMonde.fr avec Reuters et AFP – « Israël gèle sa contribution à l'Unesco » – lemonde.fr – 3 novembre 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/03/israel-gele-sa-contribution-a-l-unesco_1598512_3218.html


Par AD

mercredi 26 octobre 2011

Londres 2012, des Jeux Olympiques sous menace terroriste ?

Le quartier général du Security Service, Thames House


En 2008, la série Spooks: Code 9 de la BBC s’ouvre sur les images de l’explosion d’une bombe nucléaire sous le stade de Londres où a lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Une petite bombe mais qui tue tous les chefs d’État présents et des centaines de milliers dans l’explosion et condamnant plusieurs milliers d’autres à mourir à cause des radiations.

Les Jeux Olympiques de Londres en 2012 vont rassembler 205 pays, 120 chefs d’État ou de gouvernement, 50.000 journalistes. Plus de 10 millions de tickets ont été vendus pour des événements sur 34 sites partout au Royaume-Uni. Les activités commenceront le 19 mai avec le relais de la torche et se termineront avec la cérémonie de clôture des Jeux Paralympiques. De plus des manifestations parallèles vont se tenir à travers tout le pays (comme des écrans géants dans les parcs de Londres ou sur les grandes places des principales villes).
La sécurité d’un tel événement mondial est assurée par plusieurs agences de sécurité différentes : les polices locales, les services de sécurité des pays dont les chefs d’État se déplacent, tout cela coordonné par le service du pays accueillant les événements. Dans le cas de Londres 2012, il s’agit du Security Service plus connu sous le nom de MI5.

Les événements internationaux sont toujours une cible potentielle pour des groupes terroristes. Les Jeux Olympiques sont symboliques à plus d’un terme : symbole de paix ou de rivalité entre les pays, les enjeux politiques sont toujours présents. En 2008, les Jeux Olympiques de Pékin avaient été boycottés par des chefs d’État pour protester contre la répression au Tibet mais ils avaient également vu les deux Corée se présenter sous une seule bannière. En 1972 à Munich, des terroristes Palestiniens du mouvement Septembre Noir ont pris en otage puis tué des athlètes israéliens.

Les Jeux Olympiques de Londres sont considérés comme étant à haut risque. En effet, le Royaume Uni a participé à la guerre en Irak et est engagé dans le conflit en Afghanistan. De plus Londres a subit des attentats terroristes islamistes les 7 et 21 juillet 2005. Mais le pays entier a été visé : en juin 2007, l’aéroport de Glasgow a été la cible d’une attaque à la voiture piégée ; en mai 2008, un attentat a échoué à Exeter.

Le MI5 a identifié quatre types de menaces principales. Trois d’entre elles sont classiques et font partie du travail quotidien de l’agence : les groupes liés à Al Qaida ou a des groupes islamistes, un individu seul (à l’image d’Anders Behring Breivik et de son attaque le 22 juillet en Norvège) ou une attaque des groupes indépendantistes irlandais (dont la dernière menace d’attentat à la bombe remonte à mai 2011, la veille de la visite de la reine en Irlande). La quatrième menace est un terrorisme importé, les dissidents d’un pays étranger qui profitent l’opportunité d’être à Londres pour s’attaquer à leur pays de provenance.

Cette dernière menace est la plus difficile à gérer puisqu’elle nécessite une collaboration étroite avec les services de sécurité des pays invités que ce soit d’échanges d’informations et de réactivité de la part de MI5. Mais la menace la plus difficile à détecter est celle liée aux individus seuls radicalisés sur Internet, qui ne font parti d’aucun réseau et qui n’ont pas de passé activiste.

Alors que l’échéance approche, les volumes de renseignement vont aller en augmentant pour atteindre des volumes considérables. En particulier parce que les agences amies vont envoyer une quantité importante de renseignements qu’elles ignoreraient en temps normal. De gros investissements ont donc été faits pour augmenter les capacités de traitement, d’analyse et de prise de décision.
Pour les agences de sécurité le dilemme quotidien consiste à choisir entre l’arrestation des suspects ou leur mise sous surveillance pour remonter jusqu’aux commanditaires. Lors des Jeux Olympiques, les services vont privilégier les actions immédiates et ne prendre aucun risque.

Avec sept ans de préparation et un budget sécurité de 600 millions de livres (686 millions d'euros), MI5 et les autres agences sont aussi prêtes que possible. Néanmoins, les terroristes ont eu, eux aussi, sept ans pour se préparer.


Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- « Londres 2012: premiers JO dans un pays menacé d'attaques terroristes »– Slate – 17 octobre 2011 http://www.slate.fr/lien/45155/londres-2012-jo-attaques-terroristes
- "MI5 gets ready for the starter’s gun" – The Economist15 octobre 2011 http://www.economist.com/node/21532318?fsrc=scn/tw/te/ar/mi5getsreadyforthestartersgun

Par AD

lundi 17 octobre 2011

Du renseignement au grand public, la démocratisation des images satellites

Spot-5
Le satellite Spot 5

En 1959, le satellite américain Explorer est le premier à prendre une photo de la Terre depuis l'espace. En 1982, Spot Image est la première compagnie privée à vendre des images satellite. En 1992, le Land Remote Sensing Policy Act permet aux entreprises américaines de vendre des images de la Terre prises depuis l'espace. Enfin, en 2005 Google Earth permet à tout un chacun d'avoir accès gratuitement à des images de la Terre vu de l'espace. Le grand public a ainsi pu prendre compte des possibilités de l'imagerie satellite mais également des dérives possibles.

Les premiers utilisateurs d'images satellites sont évidement les États que se soit pour des usages, civils, militaires ou scientifiques. On peut s'en servir pour l'aménagement du territoire, pour mesurer la déforestation, surveiller la pollution ou une région agricole, pour prévoir la météo ou encore pour organiser les secours après une catastrophe, organiser l'évacuation de ressortissants dans un pays en guerre civile. Les usages militaires peuvent être défensifs (surveiller ses eaux territoriales ou les États voisins) ou offensifs (connaitre la position des unités ennemis, des bâtiments stratégiques, etc.) c'est d'ailleurs pour cette application que la course à la précision de l'image s'est déclarée. Plus la résolution d'une image est grande plus ont peut distinguer de petits détails. Cela est utile dans le cadre de l'espionnage des forces armées d'un ennemi puisqu'en ayant un maximum de détails on peut plus facilement reconnaitre un type de véhicule d'un autre, un avion civil d'un avion militaire, etc.

Beaucoup d'entreprises privées ont besoin de connaitre leur environnement. L'exploration minière ou pétrolière, mais surtout l'agriculture. Les agriculteurs peuvent surveiller leur culture sur des hectares sans avoir à se déplacer, connaitre l'état des sols ou de leurs ressources en eau.
Le marché des images est ainsi estimé à 1 milliard de dollars par an et si l'on ajoute les services associés, on atteint plusieurs milliards.

Mais ces images peuvent servir à des groupes malveillant également. Un groupe terroriste, de cambrioleurs pourront repérer les alentours de leur cible sur des images satellites de résolution même moyenne et prévoir leur approche ou un itinéraire de fuite.

Sur ce marché déjà conséquent et en plein développement de nombreux acteurs privés apparaissent. Le premier a été SPOT Image (qui appartient maintenant à Astrium GEO-Information Services). Mais la concurrence internationale est rude. Les deux principales sociétés américaines (Digital Globe et GeoEye) bénéficient de contrat de longue durée avec le Pentagone ce qui leur permet de vendre les images aux entreprises à des prix plus bas.
La compagnie israélienne, ImagSat International, est une nouvelle venue mais à la pointe de la technologie puisqu'elle bénéficie de la technologie développée pour Tsahal.
Le Brésil et la Chine coopèrent dans l'imagerie satellitaire. La Chine fabrique les satellites et le Brésil vend les images et les services liés. Mais leurs images ne sont pas encore d'une qualité suffisante pour faire concurrence aux grands du marché. De plus, les images sont distribuées, pour l'instant, gratuitement.

Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Services de géo-information sur le site de Astrium http://www.astrium.eads.net/fr/services-d-observation-de-la-terre/
- Victoire MEYNIAL – « Satellite : la bataille des images » – France24 – 27 juillet 2011 http://www.france24.com/fr/20110723-Satellites-bataille-images-aerospatiale-concurrence-commerce-international-intelligence-economique

Par AD

lundi 10 octobre 2011

La prolifération des missiles sol-air : un nouveau risque terroriste

Un moudjahid afghan avec un lance-missile Strela-2
Un moudjahid afghan avec un lance-missile Strela-2

Lorsque l'on parle de prolifération et de terrorisme, il est souvent question de matériaux nucléaires. Si le risque nucléaire semble de moins en moins probable, il n'en va pas de même pour les risques liés aux missiles sol-air.

Les missiles sol-air sont apparus vers la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La manœuvrabilité des avions d'attaque au sol augmentant les missiles sont devenu de plus en plus maniable. Dans les années 1960, les premiers missiles pouvant être mis en œuvre par un seul hommes apparaissent. Dans les années 1980, profitant des progrès de l'électronique, ils s'améliorèrent rapidement. Les États-Unis équipèrent les résistants afghans de missiles (d'abord des missiles soviétiques Strela-2M achetés en Égypte ou en Chine puis des Stinger de fabrication américaine) pour contrer l'utilisation intensive des hélicoptères par les troupes d'invasion de l'URSS.

Aujourd'hui beaucoup de ses missiles datant de la Guerre froide sont sur le marché noir. Mais le conflit en Libye, qui a vu les forces du Colonel Kadhafi s'enfuirent en abandonnant leur arsenal, a empirer les choses. Le 3 octobre 2011, le président du comité militaire de l'OTAN , l’amiral Giampaolo Di Paola, a déclaré à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, que plus de 10.000 missiles sol-air Strela-2 auraient disparus des casernes libyennes. Ces missiles, qui ne sont ni entre les mains des forces pro-Kadhafi ni celles du Conseil National de Transition, ont probablement été récupérés par des trafiquants d'armes basés dans le Sahel et qui sont liés à Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) ou à des groupes criminelles de cette région.
Ces missiles qui sont facilement transportables peuvent être acheminer jusque dans la bande de Gaza s'ils sont achetés par le Hamas, au Liban ou en Syrie entre les mains de Hezbollah mais également jusqu'en Afghanistan et armer les Talibans. Bien entendu, ils peuvent rester dans le Sahel et permettre à AQMI de mener des actions spectaculaires.
En effet, pour un groupe terroriste ces missiles même s'ils sont anciens peuvent se révéler intéressant. En effet, on a vu en Afghanistan lors de l'invasion soviétique qu'ils pouvaient abattre des hélicoptères et des avions de transport à hélice. On peut également imaginer qu'ils permettent d'attaquer des drones Predator qui volent à basse altitude.
Mais l'utilisation la plus inquiétante est contre les avions de ligne. Un homme seul opérant au bout d'une piste peut tirer sur les avions lors des phases de décollage et d'atterrissage lorsqu'ils sont à basse altitude et faible vitesse.
Le 28 novembre 2002, un Boeing 757 de la compagnie charter israélienne Arkia a été la cible de deux tirs de missiles Strela-2 juste après son décollage de la piste de Mombasa, au Kenya. Les missiles n'ont pas touché leur cible mais ils ont explosé à proximité de l'avion. Le 23 novembre 2003, un Airbus A300 cargo de DHL, qui venait de décoller de Bagdad à destination du Qatar, était victime d'une attaque similaire. Touché à l'aile gauche, il ne s'en est sorti que de justesse.

La plupart de ces missiles sont à guidage infrarouge. Sur les avions de ligne, il est possible d'installer un brouilleur simple. Il s'agit d'une sorte de lampe activée lors des phases critiques (lors du décollage et de l'atterrissage) afin de brouiller les éventuels missiles. Pour le pilote, il suffit d'allumer ce système comme on pourrait le faire pour les feux d'atterrissage. Ce brouilleur procure une protection permanente et a de bonnes probabilités de perturber les missiles de première génération - comme le Strela-2 ou les premiers Stinger - dont le principe de guidage est simple.
Dans tous les cas, les compagnies aériennes réfléchissent à la question et demande aux avionneurs de mettre en place des contre-mesures similaires à celles qui existent sur les appareils des chefs d’États tel que Air Force One.


Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Zone Militaire – « Libye : Plus de 10.000 missiles sol-air manquent à l’appel » – OPEX360 – 3 octobre 2011 http://www.opex360.com/2011/10/03/libye-plus-de-10-000-missiles-sol-air-manquent-a-lappel/
- LEMONDE.FR avec AFP – « Plus de 10 000 missiles sol-air perdus en Libye, selon l'OTAN » – LEMONDE.FR | 02.10.11 | 12h23 • Mis à jour le 02.10.11 | 12h24 http://www.lemonde.fr/libye/article/2011/10/02/plus-de-10-000-missiles-sol-air-perdus-en-libye-selon-l-otan_1581172_1496980.html
- Eric Denécé – « La menace des missiles sol/air» – Le Figaro – 31 octobre 2005 http://www.cf2r.org/fr/actualite/dp-menace-missiles-sol-air-10.php
Par AD

lundi 3 octobre 2011

Les agents infiltrés et la lutte contre le terrorisme

Logo_of_the_FBI_Counterterrorism_Division

Le 28 septembre 2011, Rezwan Ferdaus, un américain originaire du Bangladesh, est arrêté par le FBI pour avoir préparé une attaque sur le Pentagone et le Congrès à l’aide de modèles réduits d’avions. Cette arrestation a été possible grâce à un agent du FBI qui s’est fait passer pour un membre d’Al Qaida et lui a fourni des explosifs ainsi que l’argent pour acheter le modèle réduit téléguidé.
Depuis le 11 septembre 2001, le contre-terrorisme est devenu la priorité numéro 1 du FBI. Celui-ci met donc tout en œuvre pour détecter au plus tôt les potentiels terroristes. Pour cela, il a mis en place un réseau de milliers d’informateurs qui scrutent les communautés musulmanes de tous les USA à la recherche des terroristes en puissance. Ainsi, selon le compte de l’université de l’Etat de l’Ohio 13 des 33 tentatives d'attentats islamistes recensés aux USA depuis 2001 ont été initiées ou facilitées par les autorités au moyen d'un agent infiltré ou par un informateur travaillant pour le FBI.

Les informateurs sont souvent des repris de justice, des personnes ayant des problèmes avec les services d’immigration ou des gens payés pour espionner une communauté dans tous les cas, ils ont intérêts à exagérer des complots naissants pour avoir leur récompense (qu’elle soit financière ou non). Ce problème se pose régulièrement aux USA où des gens faibles ou instables psychologiquement sont poussés dans la voie du terrorisme alors qu’ils n’y seraient peut être pas aller d’eux-même. Ceci dans une optique de chiffre à laquelle ne rechigne pas les agents fédéraux, peut être parce qu'ils sont en concurrence avec la CIA qui surveille également les activités terroristes.

Les infiltrés sont des agents du FBI qui se font passer pour quelqu’un d’autre à la différence des informateurs, ce sont des représentants des forces de l’ordre et donc de l’Etat. Ce sont pourtant eux qui fournissent aux suspects de l’argent, des armes, des explosifs et les aident à préparer leurs attentats. Parfois, ils vont jusqu’à positionner de fausses voitures piégées pour arrêter le suspect le doigt sur le détonateur (voir le dossier du magasine Mother Jones). Au delà de l’aspect déontologique, la mise en danger volontaire des citoyens en fournissant des armes à des personnes intéressées par le terrorisme, il se pose la question de l’intérêt de pousser des hommes et des femmes à se radicaliser. En effet, bien des personnes qui songent à commettre un attentat sont découragées par la difficulté à fabriquer une bombe.

Le problème est que les autres solutions pour prévenir les attaques terroristes sont moins efficaces. Les moyens techniques (interceptions de communication téléphonique, surveillance de l'internet, détection des explosifs, etc.) ne permettent pas de résultats aussi spectaculaire. La question est donc politique. Est-il acceptable que des gens ni tout à fait innocent, ni complètement coupable soient condamnés ? Est-il normal que des représentant des gouvernements fournissent à des aspirants terroristes des armes, de l'argent dans l'espoir de les arrêter à temps ? Seul un débat public permettra de répondre à cette question, mais cela va à l'encontre de la tradition de lutte contre le terrorisme.

Sources :
- Jean-Marc Manach – « Pourquoi le FBI aide-t-il les terroristes? » – Bug Brother – 29 septembre 2011 http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2011/09/29/qui-sont-les-terroristes-du-fbi/
- « TERRORISM SINCE 9/11, The American Cases » Sous la direction de John Mueller – Ohio State University – 2 aout 2011 http://polisci.osu.edu/faculty/jmueller/since.html
- AD – « Le terrorisme est-il forcément islamiste ? Le rappel d’Oslo » – GlobalAnalysis France – 28 juillet 2011 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2011/07/le-terrorisme-est-il-forcement.html
- AD – « ECHELON : l’écoute planétaire » – GlobalAnalysis France – 18 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/echelon-lecoute-planetaire.html
Par AD

vendredi 23 septembre 2011

La Palestine peut-elle devenir un État ?





Le 23 septembre 2011 à l’ONU Mahmoud Abbas va demander au Secrétaire Général Ban Ki-Moon de mettre à l’ordre du jour du Conseil de Sécurité l’adhésion comme membre de l’État Palestinien. Les États-Unis ont menacé d’utiliser leur droit de veto et les autres membres comme la France et le Royaume Uni n’ont pas clarifié leur position.

Cette reconnaissance, si elle a lieu, permettrai aux Palestiniens de se défendre d’égal à égal (du point de vue du droit international) face à Israël. Les négociations de paix se feraient sous l’égide de l’ONU au lieu de Quartette (USA, Russie, Union Européenne, ONU) et cela donnerait accès aux Palestiniens à toutes les institutions sous l’égide de l’ONU et en particulier la Cour internationale de justice. Mais surtout cela renforcerai sa crédibilité en tant que leader aussi bien en interne (face au Hamas qui contrôle la bande de Gaza) qu’à l’extérieure (notamment face à Israël qui s’est souvent plaint de ne pas avoir d’interlocuteur fiable).

L'ONU
L'ONU n'a pas le pouvoir de décider de la légitimité ou non d'un gouvernement, elle se prononce uniquement sur l'admission ou non dans ses rangs en tant que membre. La procédure d'adhésion se fait en plusieurs étapes : le candidat à l'adhésion doit présenter au secrétaire général des Nations Unies une demande accompagnée d'une lettre attestant officiellement qu'il accepte les obligations de la Charte. Le tout est transmis au Conseil de sécurité, qui examine la requête et décide ou non d'émettre une recommandation en faveur de l'admission. Pour être valable, le texte doit avoir été adopté par 9 des 15 membres du Conseil (sans qu'aucun des cinq membres permanents ne mettent son veto). Il est ensuite soumis à l'Assemblée générale, où un vote favorable à la majorité des deux tiers est nécessaire pour que l'adhésion soit effective.

Dans le cas de la Palestine, si les USA usent de leur veto comme ils l'ont indiqué. La procédure sera bloquée. Ce type de situation arrivait fréquemment pendant la Guerre Froide où les Américains bloquaient l'adhésion des membres proposés par l'Union Soviétique et Moscou bloquait les adhésions sponsorisées par Washington.

Il existe néanmoins une deuxième catégorie de pays qui sont les observateurs permanent. Cette position  confère le droit d'assister à la plupart des réunions de l'Assemblée générale, mais elle n'autorise pas à voter. Des pays comme l'Autriche, la Finlande, l'Italie ou le Japon en ont longtemps bénéficié avant de devenir membre à part entière de l'organisation. Aujourd'hui, le seul État non membre à jouir d'un tel statut est le Saint-Siège.

En 1974, l'Assemblée Générale a accordé à l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) le statut d'observateur permanent. De plus la Palestine dispose d'une représentation aux Nations Unies, elle a le droit de participer aux travaux de l'Assemblée Générale mais non pas à titre d’État mais celui d'Entité.
Le passage du statut d'observateur permanent à celui d’État observateur non membre ne nécessite pas de vote du Conseil de Sécurité. Il peut être obtenu à la majorité simple lors d'un vote à l'Assemblée générale. La Palestine serait donc reconnue comme État, sans prendre le risque du veto américain, mais ne serait pas membre de l'ONU.

Sauf que Mahmoud Abbas a annoncé qu'il irait demander l'adhésion comme membre de l'ONU. Il rappelle ainsi à Obama à son discours de 2010 où il déclarait vouloir un État Palestinien à l'ONU d'ici à 2011. Sauf qu'entre temps les négociations entre Israéliens et Palestiniens ont échouées et que le plan de paix qui aurait du amener à la reconnaissance de la Palestine est tombée à l'eau avec elles.

Les institutions existantes

Quel que soit la demande mise au vote et le résultat de ce dernier, la vraie question est celle de la réalité sur le terrain. On ne peut pas donner une liste extensive de ce qu’il faut pour qu’une organisation soit un État, néanmoins voici un état des lieux pas forcément exhaustif mais éclairant sur la situation.

Depuis les accords d’Oslo, signé en 1993, la Palestine est administrée par l’Autorité Palestinienne, il s’agit d’un régime mis en place transitoirement et auquel devrait succéder un État Palestinien.
La capitale déclarée de l’Autorité Palestinienne est Jérusalem Est. Cette capitale n’est pas reconnue et la capitale de facto est Ramallah pour la Cisjordanie et Gaza pour la bande de Gaza.
Le régime de l’Autorité Palestinienne se compose d’un président élu par le peuple tous les quatre ans. Il nomme un Premier Ministre qui dirige avec son cabinet (ensemble de ministre).
Le parlement, nommé Conseil législatif palestinien, comprend 132 membres élus à partir de 16 districts électoraux en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Le territoire est découpé également en zones d’autorités. La zone A (2,7% du territoire) est sous contrôle militaire et administration civile des Palestiniens, la zone B (25,1% du territoire) est sous administration civile palestinienne mais sous contrôle militaire israélien et la zone C (72,2% du territoire) relève totalement du contrôle israélien. Sur les zones A et B, l’Autorité Palestinienne assure les services de police, fait fonctionner la poste et les administrations locales (mairies).

En vert foncé les zones A et B, en clair les zones C


Si l’Autorité Palestinienne a un hymne, un drapeau, une équipe nationale de football, elle ne possède pas de douane et ne lève pas ses impôts. Les droits de douane des Palestiniens sont collectés par les ports et aéroports israéliens, les impôts sont également collectés par l’État hébreu. La totalité de l’électricité consommée par la Cisjordanie et 50% de l’électricité de la bande de Gaza est fourni par Israël.

L’Autorité Monétaire Palestinienne (AMP) a toutes les prérogatives d’une banque centrale en matière de crédit et de financement mais elle ne bat pas de monnaie. Les devises utilisées sont principalement le nouveau Shekel israélien, le dinar Jordanien et la livre Égyptienne. Néanmoins, l’AMP a annoncé qu’elle était prête à mettre en circulation une nouvelle livre Palestinienne.

Au point de vue économique, la Palestine est fortement dépendante d’Israël mais la réciproque est également vraie. Les Israéliens exportent pour de 3 milliards de dollars par an vers les territoires palestiniens, ce qui représente le deuxième marché étranger de l’État hébreu.
Israël a besoin de la main d’œuvre palestinienne, jugée travailleuse et bon marché, notamment dans la construction et l’agriculture. 150.000 Palestiniens viennent chaque jour travailler légalement en Israël, des milliers d’autres viennent également travailler clandestinement.
De nombreuses entreprises israéliennes sous-traitent une partie de leur production en Cisjordanie qui offre de faibles coûts de production. C’est le cas notamment du secteur High Tech qui a vu se développer une coopération technologique entre Israéliens et Palestiniens, via des contrats de sous-traitance ou de vente.
Pour les Palestiniens, Israël est le premier partenaire commercial. D’après les chiffres du «Bureau Central des Statistiques Palestiniens», les exportations vers Israël ont représenté 92,7% de la valeur totale des exportations du mois de mars 2011. Elles ont même augmenté de 5,20% par rapport au mois précédent.


Nous voyons donc qu’une reconnaissance à l’ONU ne ferait pas de la Palestine un État pour autant. L’Autorité Palestinienne n’est pas souveraine sur la grande majorité de son territoire, ne dispose pas de forces armées, ne contrôle pas ses frontières. Frontières qui restent à définir car même si le consensus international plaide pour un retour au frontière de 1967 (en fait la ligne de cessez-le-feu de 1949) les Israéliens restent présents sur une grande partie du territoire (soit par le fait des colonies en Cisjordanie soit par le contrôle de Tsahal).
Cette reconnaissance, quel qu’en soit la forme sera une victoire pour Mahmoud Abbas mais une victoire partielle qui ne lui permettra pas forcément d’unir le pays derrière lui. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, parie sur son échec à l’ONU pour le décrédibiliser.
Le Président de l’Autorité Palestinienne a donc lancé le processus d’adhésion dans le but de déclencher un sursaut diplomatique autour du Proche-Orient et ceci est au moins une de ses victoires.


Sources / Pour aller plus loin :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Gilles Paris – Guerre ou Paix
- Site de l'ONU page consacrée à la "Reconnaissance grandissante des droits des Palestiniens par l'Assemblée générale" http://www.un.org/french/Depts/palestine/history5.shtml
- LEMONDE.FR – « État membre, observateur permanent : quel statut pour la Palestine ? » – LEMONDE.FR | 21.09.11 | 19h36   •  Mis à jour le 21.09.11 | 20h38 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/09/21/etat-membre-observateur-permanent-quel-statut-pour-la-palestine_1575235_3218.html
- Jacques Benillouche – « Palestine: scénarios pour l'après 23 septembre » – Slate – 21 septembre 2011 http://www.slate.fr/story/43941/palestine-etat-scenarios-ONU-23-septembre
- Julien Salingue, propos recueillis par Nadéra Bouazza – « A quoi sert un État palestinien sans souveraineté palestinienne? » – L’Express –19/09/2011 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/a-quoi-sert-un-etat-palestinien-sans-souverainete-palestinienne_1030650.html
- Pierre Haski – « ONU : la Palestine veut être un « membre à part entière » – Rue89 – 16 septembre 2011 http://www.rue89.com/2011/09/16/la-palestine-veut-etre-un-membre-a-part-entiere-de-lonu-222294
- Vincent Hugeux – « L'Autorité palestinienne est une coquille vide » – L’Express – 15/09/2011 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-autorite-palestinienne-est-une-coquille-vide_1030049.html
- Pierre Haski – « Le 20 septembre, les Palestiniens lancent le défi de leur État » – Rue89 14 août 2011 http://www.rue89.com/2011/08/14/le-20-septembre-les-palestiniens-lancent-le-defi-de-leur-etat-217840
- Jacques Benillouche – « Israël-Palestine: septembre 2011, rendez-vous avec l'histoire? » – Slate – 8 août 2011 http://www.slate.fr/story/42103/palestine-etat-israel-septembre-2011-histoire
- Jacques Benillouche – « Israël-Palestine: deux stratégies pour avoir l'initiative » – Slate – 10 juin 2011 http://www.slate.fr/story/39293/israel-palestine-abbas-netanyahou-strategies
- Hélène Prudhon – « Palestine: un État à l'automne? » – Slate – 22 avril 2011 http://www.slate.fr/story/37207/etat-palestine-septembre-2011
- AD – « Israël et les révoltes arabes : la nécessité d’un État palestinien » – GlobalAnalysis France – 16 mars 2011 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2011/03/israel-et-les-revoltes-arabes-la.html

Par AD