Ce blog traite de géopolitique, des problèmes de relations internationales, de stratégie et des technologies qui s'y rapportent.
vendredi 26 novembre 2010
Al Qaida aujourd’hui
Aujourd’hui Al-Qaïda revient sur le devant de la scène avec les prises d’otages et les enlèvements dans le Sahel ainsi qu’avec un ensemble de colis piéger voyageant par avion depuis le Yémen jusqu’au États-Unis ou l’Europe.
Le temps est donc venu de faire un point sur ce que l’on sait sur Al-Qaïda presque dix ans après son apparition spectaculaire sur la scène mondiale.
Selon toute vraisemblance Al-Qaïda en tant que structure centrale organisant le recrutement, la formation, la planification et l’exécution des actes terroristes est mort lorsqu’il a été chassé de son sanctuaire afghan par les troupes de l’OTAN entre fin 2001 et début 2002.
Les combattants qui se sont réfugiés dans les montagnes à la frontière afghano-pakistanaise sont affiliés à Al-Qaïda mais ne forme plus un groupe salafiste cherchant à instaurer un Califat mondial. Il s’agit de militants qui se battent pour leur survie aussi bien politique que physique.
Les références à Al-Qaïda dans l’actualité se font via deux ‘franchises’. Al-Qaïda au Maghreb Islamique qui est actif dans la zone d’influence historique européenne et en particulier française et Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique qui menace particulièrement les USA.
Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)
AQMI est né officiellement le 25 janvier 2007 lorsque le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) annonce son alliance au groupe d’Oussama Ben Laden. Il s’agit pour les membres du GSPC de donner une nouvelle dynamique au groupe qui était miné par son incapacité à trouver des soutiens idéologiques auprès d’oulémas.
L’allégeance au groupe de Ben Laden permet de donner au combat du GSPC une résonance internationale et devenir ainsi une franchise ou un sous-traitant de la terreur en appliquant les méthodes apprises dans les camps afghan avant la chute des Talibans.
Le groupe serait composé d’environ 200 personnes, sa zone d’opération s’est étendue et correspond aujourd’hui à la région désertique du Sahel qui s’étend des régions semi-arides du Sénégal jusqu’à certaines parties de la Mauritanie, du Mali et du Niger.
Le message de l’émir Abdelmalek Droukdal, commandant AQMI, sommant la France de négocier la libération des otages directement avec Ben Laden est surprenant et laisse penser qu’AQMI s’intègre de plus en plus à la structure mère.
Celui-ci peut avoir plusieurs raisons :
- Soit le message est à prendre au pied de la lettre et AQMI montre son allégeance profonde au fondateur du mouvement et cherche à attirer l’attention internationale après les actes retentissants d’AQPA.
- Soit le message n’est qu’un leurre qui rassure les plus fervents militants et sauve la face pendant qu’il négocie avec les autorités françaises.
- Ou alors, et c’est notre hypothèse préférée, Droukdal se défausse sur Ben Laden pour gagner du temps dans les négociations voire pour se décharger de la responsabilité de la mort des otages.
Dans tous les cas cela permet de renforcer l'image de Ben Laden qui est donné pour mort par la plupart des services de renseignement.
Al-Qaïda pour la Péninsule Arabique (AQPA)
AQPA a été formé officiellement en janvier 2009 après la fusion d’Al-Qaïda au Yémen et Al-Qaïda en Arabie Saoudite, ce dernier ayant été chassé du royaume saoudien et ayant trouvé refuge au Yémen.
Ce groupe poursuit les objectifs originels de Ben Laden qui sont l’abdication du régime saoudien et la lutte contre les États-Unis.
AQPA a revendiqué l’attentat raté d’Omar Farouk Abdulmutallab dans un avion reliant Amsterdam à Detroit où il avait tenté de faire détoner une poudre explosive contenue dans ses sous-vêtements ainsi que l’envoie de colis piégé le 29 octobre 2010.
Le groupe aurait plusieurs centaines de membres et est actif principalement au Yémen où il se nourrit des guerres tribales préexistantes. Ce terreau d'extrémisme permet au mouvement de disposé d'une base arrière relativement stable pour planifier des attentats à l'échelle mondiale.
Les autres Jihad locaux
D’autres groupes jihadistes régionaux s’inspirent de la mouvance Al-Qaïda. C’est le cas notamment en Afrique de l'Ouest, en Asie Centrale, dans le Caucase ou encore en Asie du Sud-Ouest.
Après la chute de sanctuaire afghan et la fermeture des camps d’entrainement les recrues sont retournées dans leur pays d’origine et ont appliquées la méthode qui leur avait été enseignées aux problématiques régionales auxquels ils se trouvent confrontés tout en déclarant le Jihad mondial pour bénéficier des soutiens financier des diasporas et des États soutenant la lutte contre l'Ennemi Lointain.
D’une manière générale, il semble qu’aujourd’hui Al-Qaïda soit plus une marque de fabrique, une franchise utilisée par des groupes poursuivant des objectifs tous régionaux mais qui se réclament d’un Jihad mondial pour attirer plus de fonds et de recrues. Cette marque de fabrique se compose de plusieurs éléments opérationnels. Le premier d'entre eux est l'utilisation des attaques suicides mais également de d'engins explosifs improvisés. Puis des éléments de communication, perpétrer des attentats à fort impact politique et non plus opérationnel (attaque de symboles politiques plus que d'objectifs militaires), communiquer fortement autour de ces attaques (diffuser des vidéos dans la langue du pays visé mais également en arabe et en anglais pour recruter en dehors du cercle national et valoriser les autres mouvements du réseau) et enfin ne pas attaque uniquement le régime visé mais également ses alliés dans le monde (le plus souvent les USA ou des États européens). Puis l'évolution finale : créer une résistance sans leader qui permettra au groupe de survivre à la disparition du fondateur du mouvement.
Et c'est ce qui caractérise Al-Qaïda aujourd'hui. La présence d'Oussama Ben Laden n'est plus requise puisque des leaders locaux sont apparus pour reprendre son message et l'adapter à chaque situation opérationnelle.
Al-Qaïda aujourd'hui est une marque de fabrique, un réseau de groupes qui partagent, en partie, un même but. Cette adaptation est due à la perte du sanctuaire afghan ainsi qu'à la disparition médiatique (et probablement physique) du leader charismatique Oussama Ben Laden.
Pour aller plus loin :
- AD – «Les enjeux du Yémen » – GlobalAnalysis France – 13 janvier 2010
http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/les-enjeux-du-yemen.html
- AD – «Al-Qaida au Maghreb islamique et les otages français : questions réponses » – GlobalAnalysis France –24 septembre 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/09/al-qaida-au-maghreb-islamique-et-les.html
- AD – « Les opérations paramilitaires de la CIA aujourd’hui » – GlobalAnalysis France – 17 novembre 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/11/les-operations-paramilitaires-de-la-cia.html
Par AD
lundi 22 novembre 2010
FSB - SVR : vingt ans après que reste-t-il du KGB
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| Les blasons du KGB, FSB et du SVR |
En 1991, Boris Eltsine voulait démocratiser les institutions de la Fédération de Russie et à la suite du Putsch de Moscou décide de remplacer le KGB par deux structures différentes. Le SVR qui reprend le rôle du premier directorat principal, le FAPSI qui reprend les activités du huitième directorat principal et du seizième directorat et le FSB qui reprend les autres missions du KGB.
Le SVR (Služba vnešnej razvedki Rossijskoj Federacii) est le service de renseignement extérieur, il est chargé d’acquérir tout renseignement politique, économique, militaire, scientifique et technologique utile à la fédération de Russie (rôle similaire à celui de la CIA, du SIS ou MI6 ou de la DGSE).
Le FAPSI (Federalnoje Agentstwo Prawitelstwennoi Swjasi i Informazii) s’occupe de l’interception et de la sécurisation des communications électronique (semblable aux missions de la NSA ou du GCHQ)
Le FSB (Federalnaïa sloujba bezopasnosti Rossiyskoï Federatsii) lui s’occupe de sécurité intérieure de la Russie, du contre-espionnage, et de la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et le trafic de drogue (rôle proche de ceux des autres agences fédérales américaines, de MI5 ou de la DCRI).
En 2003, le président Vladimir Poutine, ancien du KGB et ancien directeur du FSB, signe un décret plaçant les gardes frontières (qui était un directorat du KGB) sous la direction du FSB. Ce même décret dissous la FAPSI et place ses moyens et sa mission sous la responsabilité du FSB. Par ailleurs le FSB est devenu en vingt ans une machine à élite un peu comme en France il faut avoir fait l’ENA pour être haut fonctionnaire, les anciens du FSB sont à des postes stratégique de la fédération de Russie.
A l’heure actuelle, les deux seuls héritiers du KGB sont donc le FSB qui reprend quasiment toutes les missions du KGB et le SVR qui a reprit les activités du premier directorat principal. Ces deux organismes rassemblent plus d’employés que le KGB au plus fort de la guerre froide. Dans les faits, il semblerait que la répartition des compétences ne soit pas faite sur des critères géographiques mais sur des critères d’activités. En effet, le FSB devant protéger les intérêts russes possède des antennes à l’étranger pour assurer ses missions de contre-espionnage et de contre-terrorisme, de la même manière, le SVR dispose d’agents dans les ambassades présentes sur le territoire russe.
Ainsi le rôle du FSB serait la protection de la Russie et de ses secrets contre les actions subversives d’espions étrangers et terroristes et celui du SVR un service subversif d’espionnage qui infiltre activement les pays étrangers.
Le 30 juin 2010 dix agents russes du SVR sont arrêtés aux USA par le FBI, ils sont extradés vers la Russie lors d’un échange de prisonniers le 9 juillet. Il a été révélé le 12 novembre que les agents avaient été donnés par leur contrôleur du SVR aux USA qui était un agent double. Cette révélation parue dans la presse russe aurait été faite par des agents du FSB.
Cela s’inscrit dans un mouvement de recentralisation des activités de renseignement dans une seule entité. Le président Medvedev a annoncé lors du G20 de Séoul qu’il fusionnerait probablement les activités du SVR dans le FSB d’ici à 2011.
Boris Eltsine avait séparé le KGB en plusieurs entités pour permettre un contrôle politique sur les services de renseignement et ne plus avoir d’Etat dans l’Etat, si ce projet de fusion était mené à bien, l’appareil russe se trouverait avec une organisation toute puissante comme l’était le KGB. Ce qui serait un danger pour la vie démocratique du pays.
Sources :
- Alexandra GENESTE – « Le FBI déloge la Maison Russie » - Libération.fr - 30/06/2010 http://www.liberation.fr/monde/0101644251-le-fbi-deloge-la-maison-russie
- AFP – « Russie: la fuite sur l'affaire des espions, fruit d'une guerre des services (presse) » - La Tribune de Genève 15/11/2010 http://www.tdg.ch/depeches/monde/russie-fuite-affaire-espions-fruit-guerre-services-presse
- Paul GOBLE – “Russia's FSB To Re-Absorb SVR By 2010 End” – Eurasia Review - 27 July 2010 http://www.eurasiareview.com/201007276008/russias-fsb-to-re-absorb-svr-by-2010-end.html
- Le Monde du Renseignement – « Le FSB fait-il de l’espionnage à l'étranger? » - http://lemondedurenseignement.hautetfort.com/archive/2009/03/16/le-fsb-fait-il-de-l-espionnage-a-l-etranger.html
- Larousse – « Le Service des renseignements extérieurs de Russie (SVR) » http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Le_Service_des_renseignements_ext%C3%A9rieurs_de_Russie_SVR/11008425
- REUTERS – « Dmitri Medvedev veut faire le ménage dans les services secrets » - France24 – 12 novembre 2010 http://www.france24.com/fr/20101112-dmitri-medvedev-veut-faire-le-menage-services-secrets-russie-etats-unis
Par AD
vendredi 19 novembre 2010
Quelle démocratie en Birmanie après la libération d’Aung San Suu Kyi ?
| Manifestation pour la mise en liberté d'Aung San Suu Kyi |
En 1990, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) avait gagné 82% des sièges aux élections législative. L’élection est annulée par la junte militaire. Aung San Suu Kyi, "la fille du général Aung San", héros national de l'indépendance, fondatrice et secrétaire générale de la LND, en liberté surveillé depuis 1989 ne sera pas premier ministre.
La LND est dissoute le 6 Mai 2010 par la junte parce qu’elle appelait au boycotte des élections législative du 7 novembre. Les partisans qui ont pu échapper aux arrestations fondent la Force démocratique nationale qui ne gagne que quelques sièges face au Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), parti représentant la junte fondé pour l’occasion par des militaires et des retraités de la junte.
Ces élections dont le seul but était de légitimer la junte au pouvoir sont dénoncer par l’ONU pour son manque de transparence et les seuls félicitations viennent de Pékin, soutient inconditionnel aux militaires birmans.
Le 13 novembre, aux alentours de 12 heures (heure française), la police birmane enlève les barrières posées devant la résidence d'Aung San Suu Kyi permettant sa libération, après de longues années dans sa résidence sous surveillance permanente. A sa libération, elle est célébrée comme l’icône d’un peuple et elle appelle à la collaboration de toutes les démocraties pour le bien de son pays. Mais la vérité est que le LND est un parti démembré avec des vieux militants qui n’est plus très actifs et dont près de 2000 de ces membres sont toujours en prison.
Alors pourquoi la junte a t-elle libéré sa principale opposante ?
Et bien pour se légitimer aux yeux de la communauté internationale. Les élections n’ont pas été accueilli très favorablement ni par les pays occidentaux ni par le Japon. Libérer la plus célèbre opposante politique titulaire d’un prix Nobel de la Paix est un moyen de montrer de la bonne volonté. Le fait qu’elle soit à la tête d’un parti moribond et qu’on ne soit toujours pas certain qu’elle puisse quitter le pays n’est que secondaire dans cette opération de communication. Bernard Kouchner rappel néanmoins « qu’il ne s’agit en rien d’une mesure de clémence de la part de la junte birmane, sa peine devant arriver à son terme le 13 novembre ».
Le rôle de la Chine dans cette décision est souvent évoqué. Le président chinois est supposé avoir poussé à cette décision. Il faut se souvenir que Liu Xiaobo prix Nobel de la paix 2010 est lui toujours dans les prisons chinoises.
- Marie NORMAND- « Aung San Suu Kyi répond aux questions de «Libération»: «Je ne veux pas décevoir les gens» » - Libération - 18/11/2010 http://www.liberation.fr/monde/01012303115-aung-san-suu-kyi-a-liberation-je-sais-que-les-gens-placent-beaucoup-d-espoir-en-moi
- « L'admirable leçon d'espoir d'Aung San Suu Kyi » – Le Monde – 17/11/2010 http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/16/l-admirable-lecon-d-espoir-d-aung-san-suu-kyi_1440677_3232.html#ens_id=1266164
- Arnaud DUBUS – « Aung San Suu Kyi: la liberté et après ? » - Libération - 15/11/2010 http://www.liberation.fr/monde/01012302211-aung-san-suu-kyi-la-liberte-et-apres
- Remise en liberté d’Aung San Suu Kyi : déclaration de Bernard Kouchner (13 novembre 2010) http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/birmanie_551/france-birmanie_1104/presentation_14386/remise-liberte-aung-san-suu-kyi-declaration-bernard-kouchner-13.11.10_87347.html
- AD – « Les enjeux de la Birmanie » - GlobalAnalysis France - 26 septembre 2008 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2008/09/les-enjeux-de-la-birmanie.html
Par AD
mercredi 17 novembre 2010
Les opérations paramilitaires de la CIA aujourd'hui
| La première équipe des forces spéciales américaines à Tora Bora en 2001 |
Depuis la fin de la guerre froide et la disparition du KGB en 1991, la Central Intelligence Agency (CIA) a tout d’abord vu ses missions orienté vers le monde économique dans les années 1990 et particulièrement sous Bill Clinton. Accusée de ne pas avoir pu prévenir les attentats du 11 septembre 2001, l’agence est redevenue dès le mois d’octobre de cette même année ceux pourquoi elle avait été créée en 1947, la principale agence de renseignement d’un pays en guerre.
En 2005, le président Bush a créé le National Clandestine Service (NCS) au sein de la CIA qui regroupe toute les activités ‘humaines’ de l’agence, renseignement humain (HUMINT) et actions paramilitaires. Ce changement s’accompagne du fait que l’analyse est de plus en plus externalisée à des compagnies privées et que d’une manière générale le renseignement technique (satellites, avions, sous-marins) est privilégié par rapport aux activités de terrain.
Aujourd’hui presque dix ans après le début de la guerre que les américains ont surnommé The Long One, le rôle de la CIA n’est plus simplement celui d’un service de renseignement mais plutôt, comme lors de la guerre du Vietnam, celui d’un groupe paramilitaire aux ordres directs de l’administration américaine.
Afghanistan et Irak : conflits ouverts
A l’automne 2001, les premières troupes américaines à poser le pied en territoire afghan furent les hommes de la Special Activities Division (SAD), l’unité opérationnelle rattachée à la CIA, en charge de ses actions paramilitaires. Ces hommes ont permis aux forces spéciales officielles de s’installer dans le pays et ont accompagné les troupes de l’Alliance du Nord dans la reprise de l’Afghanistan qui avait été planifié par la CIA.
Après que les talibans aient été renversés, la CIA et la SAD en particulier sont restés pour coordonner les recherches des membres d’al Qaida ainsi que leur élimination par le programme de drones armés. Le même schéma a été ensuite répliquer pour l’invasion de l’Irak et la capture de Saddam Hussein.
Aujourd’hui le rôle de la CIA est tellement important en Afghanistan que le chef de station à Kaboul, nom de code Spider, est en contact personnel avec le président Hamid Karzai au détriment de l’ambassadeur sur place. Il est par ailleurs à la tête de la plus grosse entité de la CIA en dehors des USA. Les effectifs sont supérieurs à ceux qui ont été déployé au Vietnam au plus fort de la guerre et en Irak en 2003.
Pakistan et Yémen : opérations ‘noires’
Début 2002, les dirigeants d’al Qaida ont fui l’Afghanistan pour le Pakistan voisin. Dès lors les opérations de recherche et d’élimination des membres du groupe terroriste se sont portées sur ce pays. Or le Pakistan est un pays allié de Washington depuis son indépendance. Le président Musharraf, conscient de l’impopularité des USA dans son pays a refusé l’accès au territoire pakistanais aux forces spéciales américaines. A partir de 2004, le président Bush, avec l’accord du président pakistanais et le concours des services de renseignement de se pays (ISI) a autorisé l’utilisation de drones de combat pour des attaques ciblées sur les dirigeants talibans ou affiliés à al Qaida.
Officiellement, le gouvernement pakistanais nie avoir connaissances de ses attaques et ne pas pouvoir les empêcher puisque les drones sont opérés depuis l’Afghanistan. Dans les faits, la CIA et l’ISI partagent leurs informations sur les groupes talibans et les forces spéciales pakistanaise opèrent avec la SAD pour la reconnaissance des cibles.
Même si l’efficacité des telles opérations est discutables (voir notre article « La stratégie des drones : quand les avions tuent sans pilote »), le président Obama et le nouveau directeur de la CIA, Leon Panetta ont intensifié les activités des drones dans le nord du Pakistan et les officiels américains assurent que cela permet de tuer les éléments clés de l’organisation terroriste ainsi que de perturbé la planification d’attentats en Europe et aux Etats-Unis.
Ce type d’action va certainement être exporté au Yémen étant donnée la similarité des situations. Le pouvoir yéménite soutient bon grès mal grès les opérations anti-terroristes américaines alors que la rue fait preuve d’un anti-américanisme. Les actions de la SAD ne sont pas reconnues officiellement par le gouvernement qui peut se défendre politiquement d’avoir soutenu les américains, mais dans le cas du Yémen comme celui du Pakistan, l’intérêt majeur des interventions sous couverture est qu’une partie du pays n’est pas sous le contrôle du gouvernement central mais de tribus locales. Cela permet donc aux américains d’opérer quelque soit les conditions politiques.
L’utilisation des forces spéciales de la CIA permet de diminuer le temps de traitement de l’information. La même organisation collecte le renseignement opérationnel et agit selon ses mêmes informations. Les opérations sont ne sont pas reconnues officiellement ni par le gouvernement américains ni par le gouvernement du pays sur le territoire duquel les actions ont eues lieux. Ce type de contre-guérilla est le moyen privilégié par l’administration Obama pour avoir le maximum de résultat tout en minimisant les pertes humaines.
Il reste à voir les résultats à long terme.
Sources:
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Julian E. BARNES And Adam ENTOUS - “Yemen Covert Role Pushed” - The Wall Street Journal – November 1, 2010 http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704477904575586634028056268.html
- Julian E. BARNES And Adam ENTOUS - “Wider Role for CIA Sought” - The Wall Street Journal - October 23, 2010 http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304354104575568621818109684.html
- Adam ENTOUS, Julian E. BARNES And Siobhan GORMAN – “CIA Escalates in Pakistan” - The Wall Street Journal – October 2, 2010 http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704029304575526270751096984.html
- Siobhan GORMAN – “CIA Man Is Key to U.S. Relations With Karzai” - The Wall Street Journal – August 24, 2010 http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704741904575409874267832044.html
- AD – « La stratégie des drones : quand les avions tuent sans pilote » – GlobalAnalysis France – 16 mars 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/03/la-strategie-des-drones-quand-les.html
- AD – « Un an de présidence Obama : le point sur la guerre contre la Terreur » – GlobalAnalysis France – 15 février 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/02/un-de-presidence-obama-le-point-sur-la.html
- AD – « Les enjeux du Yémen » – GlobalAnalysis France – 13 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/les-enjeux-du-yemen.html
- Le blog drzz - Exclusive interview : CIA agent Jones - November 9, 2008 http://www.drzz.info/article-25631195.html
- National Geographic – CIA Confidential
http://channel.nationalgeographic.com/series/cia-confidential/all/Overview
Par AD
mardi 12 octobre 2010
Le golfe de Guinée et les guerres du pétrole
Avec une production de 4,5 millions de barils par jour, le Golfe de Guinée est devenu une région prometteuse. Le Nigeria produit 1,76 millions de barils par jour (ce qui en fait le premier producteur africain) et l’Angola 1,15 millions de barils par jour.
Avec la reconstruction de l’Irak toujours en cours depuis 2003, la crise nucléaire iranienne et les sanctions de l’ONU qui poussent les entreprises occidentales à quitter le pays, les nationalisations des moyens de production dans les pays socialistes d’Amérique du Sud comme le Venezuela, l’Arabie Saoudite est l’acteur incontournable du marché du pétrole. Mais selon les estimations les plus récentes, il semble que l’allier historique voit la fin de ses réserves arriver.
Dans le Golfe de Guinée, peut être exploité un brut de qualité, facile à raffiner, qui suscite l’intérêt des consommateurs européens, américains pour leur proximité géographique mais également celui des chinois, indiens et Malaisiens qui se trouve à devoir faire face à l’explosion de la demande depuis le début des années 2000.
La plupart des gisements du Golfe de Guinée sont offshore, ce qui procure plusieurs avantages :
- Les gisements sont protégés des conflits armés de la région. Ainsi, la production est relativement constante et sûre de plus les personnels étranger n’ont pas besoin de se mêler aux populations locales,
- les exportations vers l’Europe et les Etats-Unis sont facilitées,
- les gisements géants en grande profondeur sont l’apanage des grandes compagnies,
- mais les gisements anciens ou plus difficile séduisent les petites et moyennes compagnies qui se démarquent par leur technologies.
La forte attractivité de cette région suscite des convoitises de plus en plus grandes de la part des pays consommateurs : des Européens, qui ont une influence traditionnelle dans la région, mais aussi, de plus en plus, des Américains et même des Chinois.
Chaque partie met en place une stratégie propre :
- Les pays du Golfe de Guinée jouent essentiellement sur la concurrence européo-américaine pour l’accès aux ressources. Ils renforcent ainsi leur pouvoir de négociation,
- Les Etats-Unis misent sur la sécurisation militaire et leur positionnement dans le désert du Sahara pour lutter contre le terrorisme,
- L’Europe et la France comptent sur leurs liens traditionnels et sur l’aide au développement,
- La Chine troque des infrastructures contre une priorité à l’exportation.
Mais le fait que les compagnies pétrolières aient traité directement avec des gouvernements forts qui n’assurent pas la redistribution des richesses à l’ensemble de la population (par exemple au Nigéria, près de 50% des revenues du pétrole restent à l’échelon fédéral et seulement 20% arrivent au niveau local) en ajoutant à cela les disparités ethniques entre le classes dirigeantes et les populations sur lesquels les pieds à terre des entreprises pétrolières sont installés (Ijaws et Ogonis), on arrive à une situation où les mouvements indépendantistes fleurissent.
Il s’agit principalement de milices et de groupes de piraterie locaux mais certains s’organise en mouvement politique de résistance.
C’est le cas du MEND (Le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger de l'anglais Movement for the Emancipation of the Niger Delta) contre lequel le gouvernement nigérian à mener une guerre ouverte en mai 2009 et qui revient sur le devant de la scène comme interlocuteur pour la libération des otages français capturer sur leur navire sur un champ pétrolier au large des côtes du Nigeria dans la nuit du 21 au 22 septembre.
Actif depuis 2006, le MEND est un groupe de militants qui n’hésitent pas à faire usage de la violence. Le but annoncer est de détruire la capacité du gouvernement Nigérian d’exporter du pétrole et ceux en s’attaquant aux travailleurs et aux installations des entreprises pétrolières (« It must be clear that the Nigerian government cannot protect your workers or assets. Leave our land while you can or die in it.... Our aim is to totally destroy the capacity of the Nigerian government to export oil »). Selon l’entrepreneur et ancien des forces de contre-terrorisme de l’United States Air Force John Robb, le MEND recrute les combattants pour ses opérations de guérillas dans les groupes criminels locaux et dans les armées tribales.
Les tactiques utilisées par le MEND sont plus sophistiqués que celles des autres groupes militants locaux. Parmi les techniques avancées on peut citer :
- l’essaimage (swarming) dans lequel des petits groupes utilisent des embarcations rapides dans les marais du delta pour frapper leur objectif de manière répétés et inattendue,
- amélioration des équipements et des techniques de combats avec un meilleur entrainement des guérilleros, peut-être en utilisant les connaissances des agents de sécurités capturés,
- sélection très précise des cibles pour maximiser les effets sur la production et les réparations, cela passa par le chantage comme avec des otages de Shell,
- répétition des attaques contre les pipelines, ce qui a amener à une hausse du prix du pétrole.
Aujourd’hui, le MEND se pose comme médiateur entre les puissances occidentales, Etats et sociétés et les groupes de pirates et de milices locaux. Cette recherche de légitimités internationales et le signe que le groupe tente de se renforcer localement et à l’internationale pour se poser comme la référence de toutes les revendications de la région et devenir une alternative au gouvernement en attendant de déclencher, peut-être une révolution.
Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Cours du mastère spécialisé en intelligence économique de l’EISTI
- « Nigeria: les rebelles du Mend ont perdu la trace des otages » - Marie Simon – lexpress.fr - 23/09/2010 à 15:56, mis à jour le 24/09/2010 à 12:00
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/nigeria-les-rebelles-du-mend-ont-perdu-la-trace-des-otages_921911.html
- « Chronologie du Nigeria (1960-2010) » - Catherine Gouëset - lexpress.fr - 06/05/2010 à 10:00
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/chronologie-du-nigeria-1960-2010_763016.html
- « Nigeria : fiche repères » - Catherine Gouëset - lexpress.fr - 06/05/2010 à 09:30 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/nigeria-fiche-reperes_497468.html
- Le Golfe De Guinée Pétrole Ou Cotourisme - Le Dessous Des Cartes
- « Offensive sur l’or noir africain » - Jean-Christophe Servant - Le Monde Diplomatique - Janvier 2003 http://www.monde-diplomatique.fr/2003/01/SERVANT/9856
- « Guerre économique dans le Golfe de Guinée ? » - 6 juillet, 2009 – Knowkers.org
http://www.knowckers.org/2009/07/guerre-economique-dans-le-golfe-de-guinee/
Par AD
vendredi 24 septembre 2010
Al-Qaida au Maghreb islamique et les otages français : questions réponses
Qu’est-ce que Al-Qaida au Maghreb islamique ?
Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) est une organisation islamique armée d'origine algérienne. Le 25 janvier 2007, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) change de nom avec l'approbation d'Oussama Ben Laden et devient la branche d’Al Qaida en Afrique du nord.
Cette affiliation tend à montrer qu’Al Qaida serait devenu une « marque » plus qu’un réseau puisque le financement d’AQMI se fait au niveau local. Et aucune prevue de transfert d’argent entre l’organisation
L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis, de l'Australie et de la Russie. Elle est considérée par l'ONU comme proche d'Al Qaida et à ce titre sanctionnée par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Si les racines du groupe se trouvent en Algérie, la zone d'opération s'est étendue et correspond aujourd'hui à la région désertique du Sahel qui s'étend des régions semi-arides du Sénégal jusqu'à certaines parties de la Mauritanie, du Mali et du Niger.
Profitant de la défaillance de l’état malien à couvrir la totalité de son désert, AQMI se serait installé dans le pays et se servira de cette partie du désert comme base arrière.
Le groupe serait composé d’environ 200 personnes organisées en katibas (section) dans les principales sont la katiba de l’ouest qui est active en Mauritanie et la katiba de l’est qui est présente du sud de la Tunisie au nord du Niger, et de l'est de la Mauritanie au Tchad.
AQMI est en relation avec les groupes criminels locaux, ainsi que les groupes armés Touaregs qui se battent pour la reconnaissance de leur peuple.
Pourquoi la France est-elle une cible ?
La France est visée car il s’agit de l’ancienne puissance coloniale dont l’influence certes déclinante se prolonge par la présence d’entreprise stratégique française (Areva et l’uranium, Total, etc). L’exploitation des ressources minières arrangée avec les gouvernements locaux qui ne redistribue par l’argent aux autochtones est perçue comme un néocolonialisme à combattre.
La politique intérieure français et notamment sur les lois sur la burqua, les signes religieux à l’école et les discours du gouvernement ainsi que la politique étrangère, le soutient de la France au président Bouteflika, alignement avec les USA au sien de l’OTAN, soutient à Israël, guerre en Afghanistan sont autant de raisons supplémentaires.
Les experts français assurent qu’AQMI n’a pas l’implantation suffisante pour frapper sur le territoire métropolitain, l’organisation frappe donc les intérêts nationaux à l’étranger sur son territoire à elle.
Quel est le but poursuivit par AQMI ?
Le but de l’organisation est de provoquer des révolutions islamiques dans les pays du Maghreb et du Sahel. Cet objectif découle de l’affiliation à Al Qaida, le GSPC était une organisation Algérienne avec des objectifs pour le pays seul.
Pour parvenir à renverser les régimes en place, AQMI utilise les mêmes armes que tous les groupes de guérilla. Attentats, enlèvements, embuscades des forces militaires nationales et cela à l’encontre de l’Algérie principalement mais également de la Mauritanie et du Mali.
Quelles sont les sources de financement ?
On sait très peu de choses sur le financement du groupe AQMI. Il est sûr qu’il utilise les trafics en tout genre, drogues, cigarettes, aide à l’immigration clandestine, contrebande, ainsi que les enlèvements contre rançons.
Certain analystes suggère que le mouvement soit lié à certains éléments des services secrets algériens (Département du Renseignement et de la Sécurité, DRS) de la même manière que les talibans et Al Qaida sont liés à certains membres des services pakistanais (Inter-Services Intelligence, ISI).
Comment fonctionnent les enlèvements ?
N’importe qui peut être « sous-traitant » pour AQMI. N’importe quel groupe criminel peut enlever un « toubab » (un blanc) de préférence français ou travaillant pour eux et le revendre. AQMI traite ensuite avec les représentants de l’état d’origine de l’otage et dans l’espoir de récupérer ainsi une plus-value. L’organisation est bien rodée, elle a l’expérience de la détention d’otage, sait où, quand et comment les déplacer et s’appuie sur des soutiens dans la population locale. Al Qaida annonce ensuite détenir les otages et traiter avec les gouvernements. Si le gouvernement paye, comme pour les espagnols libérés en septembre les otages sont rendus, dans le cas contraire où la négociation échoue ils sont tués.
Comment les retrouver ?
Les services de renseignements peuvent compter sur plusieurs choses :
- AQMI fonctionne par petits groupes qui se déplacent dans le désert et doivent communiquer entre eux. On peut donc supposer qu’ils utilisent des téléphones satellitaires ou des téléphones fixes, quand ceux-ci existent. Il est possible d’intercepter ces communications.
- AQMI se déplace et les déserts sont néanmoins peuplés. Des marchants, des trafiquants, des tours operateurs, les touaregs se déplacent dans le désert. Les membres des services de renseignement peuvent obtenir des informations par ces personnes.
- Les groupes se déplaçant pour échapper ne pas être repérer trop rapidement, ils se déplacent, généralement en convois de plusieurs 4x4 rapides. Les groupes utilisent des 4x4 Toyota à essence qui sont plus rapides que les jeeps militaires. C’est pour ça que la France à envoyer des avions de reconnaissance (Mirage F1 CRCT, Breguet Atlantique 2) pour repérer les convois en déplacement.
Sources / Pour aller plus loin
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- « Les otages français et africains dans la sale guerre du Sahel » – Par Pierre Haski | Rue89 | 19/09/2010 | 19H21 http://www.rue89.com/node/167348
- « Paris s'active pour repérer les otages » – Isabelle Lasserre – Le Figaro.fr – 20/09/2010 | Mise à jour : 20:28 http://www.lefigaro.fr/international/2010/09/20/01003-20100920ARTFIG00655-paris-s-active-pour-reperer-les-otages.php
- « Qui se cache derrière Al-Qaida au Maghreb islamique ? » – LEMONDE.FR | 21.09.10 | 15h32 • Mis à jour le 22.09.10 | 14h17 http://www.lemonde.fr/afrique/article/2010/09/21/aqmi-les-islamistes-du-desert_1413693_3212.html#ens_id=1411819&xtor=RSS-3208
« Mauritanie: "guerre sainte" pour décimer Aqmi et venger 5 ans de violences » – Laurence BOUTREUX (AFP) – 22/09/2010 http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iHGXVWmljsMW6rRF6npD2kxoe9SQ
- « Au Sahel, al-Qaida a déjà gagné » – Pierre Malet – Slate.fr – samedi 18 septembre 2010 à 15h19 http://www.slate.fr/story/27481/sahel-al-qaida-deja-gagne-otages
- « Le Mali, maillon faible de la lutte contre Aqmi? » – Marie Simon, publié le 22/09/2010 à 16:00, mis à jour à 16:43 – lexpress.fr http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/le-mali-maillon-faible-de-la-lutte-contre-aqmi_921588.html
- « Comment l'Aqmi a pris place dans le désert malien » – Tanguy Berthemet – Le Figaro.fr – 22/09/2010 | Mise à jour : 21:04 http://www.lefigaro.fr/international/2010/09/22/01003-20100922ARTFIG00669-comment-l-aqmi-a-pris-place-dans-le-desert-malien.php
Par AD
jeudi 16 septembre 2010
Intelligence économique et Influence.
Le troisième volet de l’intelligence économique est l’influence.
Une fois l’information collectée et diffusée dans l’entreprise, elle peut être utilisée à l’extérieur pour faire en sorte qu’une personne en charge d’une décision prenne la décision qui est favorable à l’entreprise ou à son environnement.
Prenons tout de suite un exemple. Une entreprise qui installe des antennes relais pour les téléphones portables s’aperçoit via la composante juridique de la cellule de veille qu’une loi interdisant l’installation d’antennes sur les lieux publics va être mise à l’ordre du jour d’une commission de l’assemblée nationale. D’un autre côté la veille scientifique, indique qu’une étude en faveur de l’innocuité de ces antennes vient d’être publiée dans une revue prestigieuse.
Il reste à faire délivrer cette information à la bonne personne par le bon messager.
Le dirigeant va alors charger la cellule d’intelligence économique d’identifier la ou les personnes au sein de la commission qui sera le plus sensible aux arguments de cette publication. Cela peut passer par les sites institutionnels (qui compose la commission), les réseaux sociaux (pour savoir qui connait cette personne, cartographie des acteurs), les blogs ou les sites de micro-blogging (quels sont ces points de vue sur des sujets connexes, etc.).
Une fois le ou les destinataires repérer, il s’agit de trouver le messager le plus efficace.
Bien souvent, l’entreprise n’a pas intérêt à faire savoir que l’information vient d’elle. Elle fait alors appelle à un expert extérieur. Un universitaire avec qui elle a de bonnes relations, un ancien chef d’une entreprise concurrente ou bien fait appel à un cabinet de lobbying.
Si au contraire l’entreprise veut faire savoir qu’elle est derrière cette information alors, elle fait appel à son expert maison sur le sujet. Encore une fois l’intelligence économique intervient. En effet, repérer les experts reconnus par leurs pairs qui sont présents au sein de l’entreprise et les encouragés à étendre leur réseau d’influence demande des connaissances sur le marché, les marchés connexes, que fournit l’intelligence économique.
L’expert va préparer sa visite, il va rédiger un document d’une page qui servira de base à son discours (position paper, rédigé le plus souvent à partir des rapports de le cellule de veille) et se renseigner à son tour sur les sensibilités de son interlocuteur.
Une fois l’entretien (ou les entretiens) terminé, il va faire un retour à son commanditaire qui va utiliser les informations pour alimenter sa base de connaissance.
Cet exemple illustre le rôle de l’intelligence économique dans la stratégie de communication institutionnelle. Néanmoins, les même outils et démarche sont utilisé pour les autres types de communication.
L’influence d’une entreprise est le résultat de toutes ces actions de communication sur le monde extérieur.
L’intelligence économique est donc un poste stratégique.
Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Cours du mastère spécialisé en intelligence économique de l’EISTI
- Définition de Position paper sur ie-lobbying.info : http://www.ie-lobbying.info/wiki/index.php/Position_paper
- Mehdi BEN TABET - « Lobbying économique et influence » - Intelligence économique et E-business – 1 avril 2010 http://ieword.wordpress.com/2010/04/01/lobbying-economique-et-influence/
- François-Bernard Huyghe – « IE et techniques d'influence » – huyghe.fr – 6 avril 2009 http://www.huyghe.fr/actu_256.htm
- AD – « Introduction à l’intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 2 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/introduction-lintelligence-economique.html
- AD – « Intelligence économique et nouvelles technologies de l’information et de la communication » - GlobalAnalysis France – 15 avril 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/04/intelligence-economique-et-nouvelles.html
- AD – «Veille, renseignement et intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 1 juin 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/06/comme-nous-lavons-vu-la-premiere-etape.html
- AD – « Intelligence économique et gestion des connaissances
» - GlobalAnalysis France – 8 septembre 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/09/intelligence-economique-et-gestion-des.html
Par AD
Une fois l’information collectée et diffusée dans l’entreprise, elle peut être utilisée à l’extérieur pour faire en sorte qu’une personne en charge d’une décision prenne la décision qui est favorable à l’entreprise ou à son environnement.
Prenons tout de suite un exemple. Une entreprise qui installe des antennes relais pour les téléphones portables s’aperçoit via la composante juridique de la cellule de veille qu’une loi interdisant l’installation d’antennes sur les lieux publics va être mise à l’ordre du jour d’une commission de l’assemblée nationale. D’un autre côté la veille scientifique, indique qu’une étude en faveur de l’innocuité de ces antennes vient d’être publiée dans une revue prestigieuse.
Il reste à faire délivrer cette information à la bonne personne par le bon messager.
Le dirigeant va alors charger la cellule d’intelligence économique d’identifier la ou les personnes au sein de la commission qui sera le plus sensible aux arguments de cette publication. Cela peut passer par les sites institutionnels (qui compose la commission), les réseaux sociaux (pour savoir qui connait cette personne, cartographie des acteurs), les blogs ou les sites de micro-blogging (quels sont ces points de vue sur des sujets connexes, etc.).
Une fois le ou les destinataires repérer, il s’agit de trouver le messager le plus efficace.
Bien souvent, l’entreprise n’a pas intérêt à faire savoir que l’information vient d’elle. Elle fait alors appelle à un expert extérieur. Un universitaire avec qui elle a de bonnes relations, un ancien chef d’une entreprise concurrente ou bien fait appel à un cabinet de lobbying.
Si au contraire l’entreprise veut faire savoir qu’elle est derrière cette information alors, elle fait appel à son expert maison sur le sujet. Encore une fois l’intelligence économique intervient. En effet, repérer les experts reconnus par leurs pairs qui sont présents au sein de l’entreprise et les encouragés à étendre leur réseau d’influence demande des connaissances sur le marché, les marchés connexes, que fournit l’intelligence économique.
L’expert va préparer sa visite, il va rédiger un document d’une page qui servira de base à son discours (position paper, rédigé le plus souvent à partir des rapports de le cellule de veille) et se renseigner à son tour sur les sensibilités de son interlocuteur.
Une fois l’entretien (ou les entretiens) terminé, il va faire un retour à son commanditaire qui va utiliser les informations pour alimenter sa base de connaissance.
Cet exemple illustre le rôle de l’intelligence économique dans la stratégie de communication institutionnelle. Néanmoins, les même outils et démarche sont utilisé pour les autres types de communication.
L’influence d’une entreprise est le résultat de toutes ces actions de communication sur le monde extérieur.
L’intelligence économique est donc un poste stratégique.
Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Cours du mastère spécialisé en intelligence économique de l’EISTI
- Définition de Position paper sur ie-lobbying.info : http://www.ie-lobbying.info/wiki/index.php/Position_paper
- Mehdi BEN TABET - « Lobbying économique et influence » - Intelligence économique et E-business – 1 avril 2010 http://ieword.wordpress.com/2010/04/01/lobbying-economique-et-influence/
- François-Bernard Huyghe – « IE et techniques d'influence » – huyghe.fr – 6 avril 2009 http://www.huyghe.fr/actu_256.htm
- AD – « Introduction à l’intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 2 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/introduction-lintelligence-economique.html
- AD – « Intelligence économique et nouvelles technologies de l’information et de la communication » - GlobalAnalysis France – 15 avril 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/04/intelligence-economique-et-nouvelles.html
- AD – «Veille, renseignement et intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 1 juin 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/06/comme-nous-lavons-vu-la-premiere-etape.html
- AD – « Intelligence économique et gestion des connaissances
» - GlobalAnalysis France – 8 septembre 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/09/intelligence-economique-et-gestion-des.html
Par AD
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