jeudi 15 septembre 2011

Prédire le futur : un outil politique



Prévoir le futur est un vieux rêve de l’humanité. On ne compte plus les fictions dans lesquels le héros ou une organisation est capable de prévoir le futur. On peut citer par exemple certaines œuvres de Philip K. Dick (The Minority Report adapté par Steven Spielberg, The Golden Man qui a donné le film Next de Lee Tamahori, Paycheck adapté par John Woo). Mais également le Cycle de Fondation d’Isaac Asimov basé sur une science fictive, la Psychohistoire, dont le but est de prévoir l'Histoire à partir des connaissances sur la psychologie humaine et les phénomènes sociaux en appliquant une analyse statistique.
Ces deux auteurs, qui sont de la même génération, se différencient par le type de futur qu’ils font prédire à leur héros.
Les precogs de The Minority Report peuvent prédire l’avenir jusqu’à deux semaines en avance, Cris le héros de Next prévoit les conséquences de ses actes avec deux minutes d’avance. A contrario, la Psychohistoire, une sorte de thermodynamique de l’Humanité, étudie statistiquement des comportements de grands groupes d’êtres humains (de plusieurs milliards d’individus), dans le but de prévoir son évolution future.
Il y a donc deux types de futur : le futur proche et le futur lointain. Ces deux futurs sont intéressant politiquement et nous allons les traiter successivement.

Le futur proche : demain le prolongement d’aujourd’hui
Prédire le futur proche peut être intéressant pour un homme ou une femme politique. C’est pour ça qu’ils sont friands de sondages qui donnent une estimation de leur popularité actuelle et donc de leur popularité à venir.

Le 5 septembre 2011, un chercheur de l’université de l’Illinois a publié les résultats de son utilisation d’un ordinateur pour prédire les tendances politiques. Il a demandé au supercalculateur d’analyser des centaines de millions d'articles de presse en langue anglaise et des rapports publics de provenance gouvernementales – comme ceux issus de l'Open source center du gouvernement américain. En extrayant l’ambiance de l’article (optimiste ou pessimiste) ainsi que les diverses localisations présentes dans l’article, le chercheur veut prédire les grands évènements sociaux dans une région donnée.

En filtrant les résultats avec les mots clés Egypte et Moubarak, il observe que dans les articles de janvier 2011 l’ambiance baisse considérablement en dessous de la moyenne des 30 dernières années. Le chercheur conclue donc qu’au regard de cette baisse, la chute de Moubarak était prévisible.


Écart par rapport à la moyenne pour les articles analysés contenant la localisation Égypte

Écart par rapport à la moyenne pour les articles analysés faisant référence à Hosni Moubarak

Sauf que lorsque l’on regarde la courbe établie avec le mot clé Moubarak, on voit certes, une diminution de l’humeur dans les articles très forte en janvier 2011 mais cette chute n’atteint pas celle de janvier 1981 ou le même Moubarak était Premier Ministre d’Anouar El-Sadate qu’il a remplacé en octobre 1981.

Le problème n’est pas la démarche ni même le calcul qui reste intéressant. Le problème est l’interprétation qui est faite a posteriori de ces données. En effet, le futur proche est semblable au présent. C’est comme ça que les économistes, les météorologues prédisent l’avenir immédiat mais ce que ces modèles ne prennent pas en compte se sont les ruptures profondes qui font l’histoire.
C’est pour cela qu’il est plus aisé de tenter de prédire l’avenir à long terme.

Le futur lointain : la futurologie

La futurologie (qui n'est pas considérée comme une science), étudie les différents scénarios possibles du futur, à partir des données technologiques, économiques ou sociales du passé et du présent, en se basant sur des techniques et des modèles scientifiques. Ceci est d’autant plus applicable à des horizons lointains (15, 20 ou 50 ans) que les évènements imprévus sont lissés.

On voit ici que les effets de la crise de 1930 et de la Seconde Guerre Mondiale ont eu peu d'effets sur la courbe de tendance calculée sur 120 ans


 Mais ces questions n’intéressent pas nécessairement le politique qui doit être réélu tous les quatre ou cinq ans. Mais ces données sont utiles pour les administrations notamment pour définir des politiques d’investissement dans les écoles.

Etant une étude statistique la futurologie met en avant des scenarios possibles avec des probabilités d’occurrences. En terme politique le scenario le plus intéressant est certainement le scénario le plus défavorable (Worst Case Scenario) puisqu’en préparant le pire on sera plus à même de réagir à ce qui se présentera réellement.


Conclusion
Prédire le futur de manière scientifique pour l’instant impossible. De nombreuses études sont en cours et se révèlent intéressantes du moins sur le plan théorique. Mais rien de ce qui n’existe aujourd’hui n’est utilisable politiquement. Les prévisions à court terme sont trop incertaines et les prévisions à long terme sont souvent trop vague.

Pourtant certains hommes politiques sont considérés comme des visionnaires. Ce n’est pas tant qu’ils arrivent à prévoir le futur mais qu’ils ont une force qui leur permet d’influencer le présent pour que leur vision du futur se réalise.


Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre 
- LEMONDE.FR – « Un super-ordinateur pour prédire les grands évènements du monde » – LEMONDE.FR | 12.09.11 | 17h25   •  Mis à jour le 12.09.11 | 18h21 http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/09/12/un-super-ordinateur-pour-predire-les-grands-evenements-du-monde_1571167_651865.html
- Kalev H. Leetaru – “Culturomics 2.0: Forecasting large–scale human behavior using global news media tone in time and space” – First Monday, Volume 16, Number 9 – 5 September 2011 http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/viewArticle/3663/3040
- François- Bernard Huyghe – « De l'anticipation à la futurocratie » – 26 septembre 2008 http://www.huyghe.fr/actu_591.htm

Par AD

vendredi 9 septembre 2011

11 septembre 2011 : Dix ans après

Dix ans après les attentats du 11-septembre le monde a bien changé, que reste-t-il d’Al-Qaïda et de la politique antiterroriste des USA.



Al-Qaïda
Al-Qaïda, en tant que structure centrale, est mort lorsque les troupes de l’OTAN ont détruit les installations du groupe terroriste en Afghanistan entre fin 2001 et début 2002.
L’organisation est devenue une marque de fabrique, une franchise exploitée particulièrement par deux succursales que sont Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et Al-Qaïda pour la Péninsule Arabique (AQPA).

AQMI (qui n’est que la résurgence du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) algérien) ressemble plus à une organisation criminelle qu’à un groupe de terroristes internationaux. Les opérations du groupe sont, en effet, centrées sur des enjeux régionaux. Ce sont principalement des enlèvements d’étrangers (principalement des Européens) dans un but de profits financiers.
AQMI ne semble pas avoir de stratégie à long terme et l’alliance avec Al-Qaïda semble être purement un coup marketing. Néanmoins la guerre en Libye et la chute de Mouamar Kadhafi ont laissées de grandes quantités d’armes tomber entre les mains d’AQMI. Il reste à savoir quelles armes et dans quelles quantités.

AQPA, basé au Yémen, semble au contraire plus actif. Ces objectifs annoncés sont la défaite des américains et la chute du régime saoudien qui soutient les USA. Le groupe a revendiqué l’attentat raté de décembre 2010 dans un avion reliant Amsterdam ainsi que l’envoi de colis piégés en octobre 2010. Ces deux attentats ont échoués mais à Fort Hood, le 5 novembre 2009, un jeune soldat américain inspiré par les prédicateurs d’AQPA tue 13 autres soldats. Aujourd’hui, le groupe cherche à produire des poisons, comme le ricin, qui pourraient être dissimulés dans des bombes. L’objectif est que des attaques de faibles envergures puissent susciter la panique au sein de la société américaine et affaiblir l’économie en contraignant les autorités à multiplier les contrôles dans les ports, aéroports et gares. AQPA lie également des contacts avec les Chebabs somaliens dont ils ne sont séparés que par le golfe d’Aden. Dans le golfe affluent les pirates dont les opérations sont toujours plus audacieuses. Une convergence d’intérêts existe et une alliance entre ces deux groupes rendraient la zone économiquement inexploitable.
Le Yémen est secoué depuis six mois par une révolte contre le président Saleh dont l’issue n’est pas encore connue. Hors, les Américains qui avaient investit des avions et des forces spéciales, se désengagent pour se redéployer au sud de l'Arabie Saoudite où ils construisent un aéroport dédié aux drones dans le sud du territoire saoudien, non loin de la frontière yéménite.

(Pour plus de détails lire « Al Qaida aujourd’hui »)


Les USA
Aux USA, la victoire de Barack Obama en 2008, après deux mandats du président républicain George W. Bush qui a lancé deux guerres, sonnait comme un espoir. Il a, en effet, mis fin aux techniques d’interrogatoires spéciales, aux prisons secrètes de la CIA, mais Guantanamo n’a pas pu être fermé et reste un symbole des dérives de la guerre contre le terrorisme.

Pour terminer les guerres de son prédécesseur, le président Obama a commandé le retrait des troupes américaines d’Irak (retrait commencé en juillet 2010) et d’Afghanistan annoncé pour l’été 2012. Ces combats conventionnels ont été remplacés par une traque méthodique des leaders par les forces spéciales mêlées aux agents de renseignement ainsi qu’à l’intensification de la campagne d’élimination par drones.

Sur le front intérieur, la loi antiterroriste USA PATRIOT Act a été une nouvelle fois prolongée par un vote du Congrès le 26 mai 2011, ce qui la rend valable jusqu'en juin 2015.
Obama a voulu sortir de la vision militaire de la lutte contre le terrorisme et arriver à une approche plus pénale.  Il a donc réformé les commissions militaires chargées des prisonniers talibans ou affiliés à Al-Qaïda et interdit la torture.
Mais d’un autre coté, on a assisté à la montée en puissance du Department of Homeland Security (DHS) initié par Bush et qui compte aujourd’hui 170.000 employés, à l’implication croissante des services de renseignement dans les opérations militaires et surtout à la privatisation des opérations militaires.
Confronté à la réalité du terrorisme lors de l’attentat raté du vol Amsterdam-Detroit, Obama a poussé à l’adoption des scanners corporels ainsi qu’à l’intensification de la lutte contre le terrorisme au Yémen et en Afghanistan ce qui a mené à l’opération commando lors de laquelle Ben Laden a été tué.


Sources :
- Laure Mandeville – « La guerre d'Obama contre le terrorisme » – Le Figaro – 5 septembre 2011 http://www.lefigaro.fr/international/2011/09/05/01003-20110905ARTFIG00649-la-guerre-d-obama-contre-le-terrorisme.php
- Georges Malbrunot – « Les nouveaux champs de bataille d'al-Qaida » – Le Figaro – 4 septembre 2011 http://www.lefigaro.fr/international/2011/09/04/01003-20110904ARTFIG00252-les-nouveaux-champs-de-bataille-d-al-qaida.php
- « Bertrand Badie : "On sortira du 11-Septembre quand on portera un nouveau regard sur le monde" » – LeMonde.fr – 30 aout 2011 http://www.lemonde.fr/international/article/2011/08/30/bertrand-badie-on-sortira-du-11-septembre-quand-on-portera-un-nouveau-regard-sur-le-monde_1565570_3210.html
- Marc HECKER – « Al-Qaida et le brouillard de la guerre contre le terrorisme » – Le Monde – 25 aout 2011 http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/24/al-qaida-et-le-brouillard-de-la-guerre-contre-le-terrorisme_1562889_3232.html
- AD – « Révoltes dans les pays arabes : quelle place pour al-Qaida ? » – GlobalAnalysis France – 4/5 avril 2011 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2011/04/revoltes-dans-les-pays-arabes-quelles.html http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2011/04/revoltes-dans-les-pays-arabes-quelle.html
- AD – « Al Qaida aujourd’hui » – GlobalAnalysis France – 26 novembre 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/11/al-qaida-aujourdhui.html

Par AD

mardi 9 août 2011

Intelligence économique et open source


Un logiciel open source est un programme informatique dont l'utilisation, l'étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont gratuites pour tous.
L’intelligence économique est une démarche qui vise la collecte et l’analyse de l’information ouverte ainsi que la protection de l’information de l’entité mettant en œuvre cette démarche (pour une définition, voir notre article Introduction à l’intelligence économique).


C’est dans le cadre de la protection du patrimoine informationnel d’une entreprise ou d’une administration que l’utilisation de logiciels libres est particulièrement avantageuse.

Le fait que le code informatique soit accessible à tous permet paradoxalement une plus grande sécurité que celle des logiciels dits « propriétaires ». En effet, le logiciel est plus facilement auditable. Il est possible d’étudier le logiciel, de s’assurer de l’absence de failles de sécurité, de prévenir l’installation de virus etc. Contrairement aux logiciels propriétaires qui ne sont modifiés que par les ingénieurs de l’éditeur, les logiciels open source le sont par une communauté de bénévoles. Cette déconcentration permet une plus grande réactivité et une plus grande fiabilité. En effet, les vérifications de sécurité, ne sont pas faites par une équipe dédiée mais par l’ensemble des utilisateurs.
De plus, du fait de l’ouverture du code, chacun peut adapter le logiciel à son besoin spécifique. Une entreprise peut par exemple, modifier le système d’exploitation Linux, le navigateur Firefox, la suite bureautique OpenOffice pour qu’ils correspondent très précisément à son besoin. La sécurité est dans ce cas totale puisqu’il sera impossible d’effectuer des opérations non autorisées.

A un niveau plus stratégique remarquons que les logiciels propriétaires sont majoritairement américains. Microsoft en particulier domine le secteur des systèmes d’exploitation, des logiciels de bureautique avec Office. Google est le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde, son navigateur Chrome est déjà le troisième en nombre d’utilisateurs.
Cette domination est retranscrite dans le rapport au premier ministre du député Bernard Carayon sur l’intelligence économique : A armes égales. Il écrit en effet : « l’Europe est, en 2006, à l’égard des Etats-Unis d’Amérique comme l’était la France, en 1945, à l’égard de l’arme nucléaire : dans une situation de dépendance totale ». Hors les liens entre ces entreprises et la National Security Agency (NSA) sont bien connus.
Pour une administration ou pour une entreprise stratégique, Windows, Office, Google Docs peuvent être des logiciels espions mis en place volontairement et qui pourront transmettre les informations sensibles aux agences américaines.

Symbole de cette domination dans la guerre économique, les formats de la suite bureautique Microsoft Office (.doc pour le texte, xls pour les tableaux de données etc.). Ces formats sont utilisés pour la création et l’échange de documents dans 90% des cas. Ceci, alors qu’il existe un substitue ouvert, depuis 1985, le format ODF (Open Document Format) qui est décliné pour les textes (odt), les tableaux (ods), les présentations (odp) etc. et supporté par de nombreuses suites bureautiques (OpenOffice.org, LibreOffice qui dérive d'OpenOffice.org, NeoOffice, StarOffice, KOffice). D’ailleurs suite au rapport Carayon, l’Etat français a imposé l’utilisation d’OpenOffice  dans la Gendarmerie mais également à l’Assemblée Nationale et dans certains ministères. D’autres pays vont encore plus loin ainsi la Russie, la Corée du Nord, Cuba et l’Inde ont créé des systèmes d’exploitation nationaux basés sur Linux. Les ordinateurs des administrations de ces pays ne dépendent donc plus de Microsoft et des États-Unis pour fonctionner.
Cette démarche de souveraineté nationale peut être appliquée également dans une entreprise et s’étendre aux systèmes d’exploitation des Smartphones. En effet, les iPhones et les BlackBerry fonctionnent dans un écosystème fermé. Passage obligatoire par iTunes et l’AppStore d’Apple pour les téléphones de la marque à la pomme et pour les BlackBerry, les messages cryptés sont transmis par les serveurs du fabriquant RIM qui se situent pour l’Europe au Royaume-Uni. Dans le cas d’Apple, la dépendance est la même que celle vis-à-vis de Microsoft et pour les BlackBerry, le fabriquant canadien a fourni à l’Etat indien les codes de déchiffrage de toutes les transmissions transitant sur les serveurs installés dans son pays. On peut donc imaginer une demande similaire effectuée par les services de renseignements anglais qui leur permettrait de décrypter tous les échanges soi-disant sécurisé par RIM de toute l’Europe. La solution vient pour une fois de Google et du système Android qui est open source et peut donc être modifier par une entreprise pour ses besoins particuliers.


Comme nous venons de le voir, l’open source peut apporter énormément à l’intelligence économique dans le cadre de la protection du patrimoine informationnel d’une entreprise ou d’un État. Mais le vrai coût de l’open source n’est pas dans les licences mais dans l’humain. Le prix se situe dans le développement de la solution spécifique mais également à la formation des utilisateurs. Comme dans toutes les problématiques de fuite de l’information, le chaînon le plus faible reste l’humain.

Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Cours du mastère spécialisé en intelligence économique de l’EISTI
- Pierre-Antoine Rousseau – « Bernard Carayon et "l’arme du libre" » – Agoravox – 12 octobre 2006 http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/bernard-carayon-et-l-arme-du-libre-14334
Bernard Carayon – À armes égales, rapport à Dominique de Villepin – septembre 2006
- Frédéric Couchet et Benoît Sibaud – « Enjeux des logiciels libres face à la privatisation de la connaissance » – couchet.org http://www.couchet.org/enjeux-des-logiciels-libres-face-a-la-privatisation-de-la-connaissance.html

Par AD

lundi 8 août 2011

L’été israélien après le printemps arabe (Complément sur la Constitution)

En complément de notre article sur les manifestations en Israël,voici une des précisions sur les lois fondamentales d'Israël.

L’État d’Israël ne possède pas de Constitution proprement dite. La déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 prononcé par David Ben Gourion annonce qu’« une Constitution qui devra être adoptée par une Assemblée constituante d’ici le 1er octobre 1948 ». Néanmoins, l’entente entre religieux (ils rejetaient, entre autres, l’idée qu’un document puisse avoir une autorité supérieure aux textes religieux comme la Torah) et laïc ne peut se faire à temps et Ben Gourion devenu Premier ministre engagea l’Assemblée à ne pas achever ses travaux constitutionnels avant le retour des Juifs du monde entier dans leur patrie.

Le 23 juin 1950 la première réunion de la Knesset trouva un compromis : la résolution Harari. Cette déclaration propose qu’au lieu de rédiger une constitution complète, la Knesset mette en place un comité de la constitution, des lois et de la justice  et que celui-ci adoptera le document chapitre par chapitre. . Chacun entrerait en vigueur avec le caractère de loi fondamentale, et ils seraient assemblés en une constitution après l’adoption du dernier.
De 1958 à 1988, neuf lois fondamentales furent adoptées qui disposaient de l’organisation des institutions politiques. En 1992, la Knesset adopta les deux premières relatives aux droits fondamentaux, ce qui permit par la suite à la Cour suprême d’Israël de se déclarer compétente en matière de contrôle de constitutionnalité.
Néanmoins plus de 60 ans après la déclaration d’indépendance la ratification n’est toujours pas terminée.

De plus, le système issu de la résolution Harari est critiqué par des juristes et politiciens israéliens. En effet, les lois étant adoptées en comité, elles n’ont pas fait l’objet d’un débat national et n’ont pas été légitimées par un référendum. De plus, ces lois peuvent être amendées à la majorité absolue, alors que la pratique normale dans les démocraties est une majorité qualifiée ou un référendum. Ce mode d’adoption et d'amendement permettrait de remettre en cause leur caractère constitutionnel.
D’autre reconnaisse à la Knesset la qualité d’Assemblée constituante et donc que le caractère constitutionnel est avéré.


Le nom des textes en vigueur est indiqué en gras.
·         1958 : La Knesset

·         1960 : Les terres d’Israël

·         1964 : Le président de l’État

·         1968 : Le Gouvernement

·         1975 : L’économie nationale

·         1976 : Les Forces de défense d'Israël

·         1980 : Jérusalem, capitale d’Israël

·         1984 : Le pouvoir judiciaire

·         1988 : Le contrôleur de l’État

·         1992 : Dignité humaine et liberté

·         1992 : Le Gouvernement

·         1992 : Liberté professionnelle

·         1994 : Liberté professionnelle

·         2001 : Le Gouvernement


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Sources :
Wikipédia, l’encyclopédie libre 
- Barak Ravid et The Associated Press – « Day after 300,000-strong protests across Israel, Netanyahu warns 'government can't satisfy everyone' » – Haaretz.com – 7 août 2011 http://www.haaretz.com/news/national/day-after-300-000-strong-protests-across-israel-netanyahu-warns-government-can-t-satisfy-everyone-1.377406

- Pierre Haski – « Succès sans précédent de la manif du “printemps israélien” » – Rue89 – 6 août 2011 http://www.rue89.com/2011/08/06/succes-sans-predecent-de-la-manifestation-sociale-du-printemps-israelien-216953
- Kristell Bernaud – « Crise sociale: “l’été israélien“ » – Slate – 3 août 2011 http://www.slate.fr/story/41973/israel-crise-sociale-jeunes-ete
- Hugo Domenach – « La révolte des tentes : "Un bol d'air pour la société israélienne" » – LEMONDE.FR – 2 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/02/la-revolte-des-tentes-un-bol-d-air-pour-la-societe-israelienne_1555466_3218.html#ens_id=1553372
- Hugo Domenach – « Israël : un mouvement sans précédent pour plus d'Etat providence » – LEMONDE.FR – 1 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/01/israel-un-mouvement-sans-precedent-pour-plus-d-etat-providence_1555107_3218.html#ens_id=1553372
- Natalie Gay-Blum – « Un printemps arabe pour Israël ? » – LE NOUVELOBS – 31 juillet 2011 à 13:19 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/177875;un-printemps-arabe-pour-israel.html

Par AD


L’été israélien après le printemps arabe (Complément sur les problèmes de logement)

En complément de notre article sur les manifestations en Israël,voici un éclairage sur les problèmes du logement.

C'est au début du XXème siècle alors que la Palestine était encore sous mandat britannique qu'a commencer l'immigration juive. Le peuplement a commencer par la création de kibboutzim dans les zones non-peuplés, principalement autour des points d'eau dans le désert ou autour du lac de Tibériade.
Aujourd'hui, la majorité de la population israélienne vit dans trois aires urbaines : Tel Aviv (2.933.300 habitants), Haïfa (980.600 habitants) et Beer-Sheva (511.700 habitants). Le reste de la population se répartie sur la côte Méditerranéenne et plus anecdotiquement dans les kibboutzim et les moshavim.
Près de la moitié de la superficie totale des terres d'Israël recouverte par le désert du Néguev.
On compte également plus de 250 colonies israéliennes occupant des territoires conquis après la guerre de Six jours en 1967. Ces colonies principalement située en Cisjordanie (Judée et Samarie, selon la dénomination israélienne) sont peuplés majoritairement par des juifs orthodoxes qui ont établie leur habitations à proximité de lieu en lien avec leur pratique religieuse. Ces colonies sont illégales au regard du droit international et certaines le sont également au regard du droit israélien.

Les problèmes de logement se sont aggravés dans les années 1990 lorsque l’immigration vers Israël a considérablement augmenter par la suite de la fin de l'Union Soviétique et la renaissance des sentiments religieux à travers le monde.

Depuis la demande de logement a exploser du fait de cette immigration massive, de l'augmentation naturelle de la population. Dans le même temps, le gouvernement à poussé à la destruction des logements sociaux pour construire des immeubles plus luxueux qui attirent les riches investisseurs nationaux ou étrangers. Une partie de ses logements n'est occupée que temporairement par des juifs de la diaspora qui achète des logements pour y passer leur vacances et en prévision de leur Alyah à l'age de la retraite. En attendant ces logements sont partiellement occuper et font augmenter le prix de l'immobilier dans les grandes villes. Ceci pousse le gouvernement à favoriser la colonisation dans Jérusalem-est ou en Cisjordanie. Hors comme nous l'avons vu cette colonisation est condamnée par la communauté internationale et les colons font l'objet d'attaques de la part de groupe affiliés au Hezbollah ou au Hamas.

Pour résoudre ce problème Netanyahou a annoncer que les logements vacants seraient en priorité attribués aux familles ayant des difficultés à se loger et n'ont plus aux étrangers ayant plus de pouvoir d'achat.


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Sources :
Wikipédia, l’encyclopédie libre 
- Barak Ravid et The Associated Press – « Day after 300,000-strong protests across Israel, Netanyahu warns 'government can't satisfy everyone' » – Haaretz.com – 7 août 2011 http://www.haaretz.com/news/national/day-after-300-000-strong-protests-across-israel-netanyahu-warns-government-can-t-satisfy-everyone-1.377406

- Pierre Haski – « Succès sans précédent de la manif du “printemps israélien” » – Rue89 – 6 août 2011 http://www.rue89.com/2011/08/06/succes-sans-predecent-de-la-manifestation-sociale-du-printemps-israelien-216953
- Kristell Bernaud – « Crise sociale: “l’été israélien“ » – Slate – 3 août 2011 http://www.slate.fr/story/41973/israel-crise-sociale-jeunes-ete
- Hugo Domenach – « La révolte des tentes : "Un bol d'air pour la société israélienne" » – LEMONDE.FR – 2 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/02/la-revolte-des-tentes-un-bol-d-air-pour-la-societe-israelienne_1555466_3218.html#ens_id=1553372
- Hugo Domenach – « Israël : un mouvement sans précédent pour plus d'Etat providence » – LEMONDE.FR – 1 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/01/israel-un-mouvement-sans-precedent-pour-plus-d-etat-providence_1555107_3218.html#ens_id=1553372
- Natalie Gay-Blum – « Un printemps arabe pour Israël ? » – LE NOUVELOBS – 31 juillet 2011 à 13:19 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/177875;un-printemps-arabe-pour-israel.html

Par AD

L’été israélien après le printemps arabe (Complément : mise à jour)

En complément de notre article sur les manifestations en Israël,voici une mise à jour après le week-end du 6 août.

Deux cent mille manifestants à Tel Aviv, plus de 300.000 dans l'ensemble d'Israël sur une population de sept millions d'habitants. 10.000 protestataires défilaient en direction de la résidence du Premier ministre. Le samedi 6 août au soir, la contestation a encore pris de l’ampleur. Mais plutôt que de ce concentrer sur les questions socio-économique, il semblerait plutôt que les revendications se fassent de plus en plus diverses.

Benyamin Netanyahou a mit en place un cabinet d’urgence. Il a d’ors et déjà annoncé qu’il écoutera tout le monde mais ne pourrait pas répondre à toutes les demandes.
Il cherche à désamorcer la situation avant que celle-ci ne se politise et ne fasse voler la coalition droite, extrême droite et partis religieux qu’il dirige. Ce mouvement pour l’instant bon enfant, pourrait très bien être récupérer par les partis de gauche qui progressent dans les sondages.

Grand absent pour l’instant de la contestation : la question des Palestiniens. Les partisans de la Paix, les colons juifs en Cisjordanie profitent de la situation pour faire passer leur message mais reste pour l’instant assez discrets.
Mais pour répondre à la crise du logement le gouvernement a autorisé la construction de nouveaux logements dans Jérusalem-Est. Cette solution qui aurait pu apaiser la contestation n’a semble-t-il eut aucun effet. Mais pire cela pourrait radicaliser les manifestants et les monter les uns contre les autres.
Cela aurait alors deux issues possibles : la politisation du mouvement, la récupération de cette déclaration par les partis de gauche et les militants pour la Paix ; ou pire l’affrontement violent et la transformation de ce qui ressemble pour l’instant à une grande kermesse en un début de révolution comme en Tunisie et en Egypte.

Quoi qu’il en soit, il semble que Netanyahou joue son avenir et celui de sa coalition dans les semaines qui viennent.


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Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Barak Ravid et The Associated Press – « Day after 300,000-strong protests across Israel, Netanyahu warns 'government can't satisfy everyone' » – Haaretz.com – 7 août 2011 http://www.haaretz.com/news/national/day-after-300-000-strong-protests-across-israel-netanyahu-warns-government-can-t-satisfy-everyone-1.377406

- Pierre Haski – « Succès sans précédent de la manif du “printemps israélien” » – Rue89 – 6 août 2011 http://www.rue89.com/2011/08/06/succes-sans-predecent-de-la-manifestation-sociale-du-printemps-israelien-216953
- Kristell Bernaud – « Crise sociale: “l’été israélien“ » – Slate – 3 août 2011 http://www.slate.fr/story/41973/israel-crise-sociale-jeunes-ete
- Hugo Domenach – « La révolte des tentes : "Un bol d'air pour la société israélienne" » – LEMONDE.FR – 2 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/02/la-revolte-des-tentes-un-bol-d-air-pour-la-societe-israelienne_1555466_3218.html#ens_id=1553372
- Hugo Domenach – « Israël : un mouvement sans précédent pour plus d'Etat providence » – LEMONDE.FR – 1 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/01/israel-un-mouvement-sans-precedent-pour-plus-d-etat-providence_1555107_3218.html#ens_id=1553372
- Natalie Gay-Blum – « Un printemps arabe pour Israël ? » – LE NOUVELOBS – 31 juillet 2011 à 13:19 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/177875;un-printemps-arabe-pour-israel.html

Par AD

mercredi 3 août 2011

L’été israélien après le printemps arabe


Samedi 30 juillet 2011 a eu lieu la plus grande manifestation de l’histoire d’Israël. Entre 80 et 120.000 manifestants étaient descendus dans la rue et près de 150.000 employés municipaux sont entrés en grève le lundi 1er août. Ces manifestations regroupent toutes les tranches de la société israélienne : juifs et non-juifs, étudiants, chômeurs, cadres, médecins, sans distinctions et son pour l'instant apolitiques (Complément : mise à jour).

Les raisons de ce mécontentement sont économiques. Tout à commencer en juin lorsqu’un groupe de consommateur de cottage (un fromage très prisé en Israël) a donc décidé de réagir et d'organiser un boycott par l'entremise de Facebook. Le résultat a été rapide, au bout de quelques jours, le prix a été revu à la baisse.
Par la suite une étudiante, incapable de trouver un logement en raison des prix exorbitants de l'immobilier, a décidé d'aller planter une tente au beau milieu de l'avenue Rothschild, l'une des plus chics de Tel-Aviv. Sur sa page Facebook, elle a invité tous ceux qui se trouvaient dans une situation semblable à se joindre à elle. Depuis, le mouvement a pris de l’ampleur et s’étend à tout le pays.
Le 26 juillet, le journal Haaretz a publié un sondage révélant que 87% des Israéliens soutiennent le mouvement de protestations et 54% se disent «mécontents» de la gestion de cette crise par le Premier ministre Benjamin Nétanyahou.

Cette contestation est, comme pour les révoltes arabes, le résultat de la situation socio-économique. L’économie Israélienne est florissante, un taux de croissance de 5% en 2011, une balance commerciale en excédent et le taux de chômage le plus bas des vingt dernières années à 6%.
Mais cette bonne santé économique est due majoritairement à l’industrie high-tech (biotechnologies, informatique, armement) qui engendre des bénéfices considérables et tirent les chiffres de l'économie vers le haut.
Mais cette richesse est mal redistribuée. L'industrie du pays est regroupée autour d'une dizaine de familles qui tiennent dans leurs mains l'immobilier, l'agro-alimentaire, et les industries (voir cet article sur Slate.fr). Cette concentration fausse la concurrence et du fait de la cartellisation, les entreprises sont politiquement puissantes et négocient directement avec le gouvernement des passe-droits (commerce avec l’Iran, expropriation, etc.)
Dans les dernières années, les prix ont augmenté : le pain de 10%, l’essence de 13%, l’eau de 134%, les logements, les transports et les impôts indirects tandis que les salaires stagnent. En un an, les prix des logements ont bondi de 32% à Tel-Aviv et de 17% à Jérusalem.


Néanmoins, ces problèmes ne sont pas récents. L’actuel gouvernement a hérité d’une situation déplorable et peu a été fait pour y remédier. Depuis la création du pays en 1948, tous les gouvernements qu’ils soient de droite ou de gauche, n’avaient qu’une préoccupation : la sécurité aux frontières.
Alors qu’aujourd’hui une partie de l’opinion publique évolue sur les questions des droits à accorder aux palestiniens (une soixantaine d'ONG israéliennes ont reconnu l'État palestinien le 26 janvier 2011) le gouvernement semble figé et ne s’intéresse pas aux questions économiques. Alors les jeunes d’abord, se servent des réseaux sociaux pour mener la contestation.
Il faut dire qu’après avoir fait trois ans (deux ans pour les femmes) de service militaire obligatoire (le refus entraîne un emprisonnement de 6 mois), les jeunes ont l’impression de ne rien recevoir en retour de la part de l’État.

La jeunesse a été suivie dans la contestation par la classe moyenne israélienne qui a des difficultés à se loger. Les prix explosent dans les grandes villes du fait de la gentrification. Les entrepreneurs, avec la bénédiction du gouvernement, détruisent les logements sociaux pour construire des immeubles plus luxueux qui attirent les riches investisseurs nationaux ou étrangers. Les habitants sont expropriés avec une faible compensation et ne trouvent plus à se loger. Ceci pousse le gouvernement à favoriser la colonisation dans Jérusalem-est ou en Cisjordanie (Complément sur les problèmes de logement)

Bien sûr les moteurs des manifestations arabes et israéliennes sont similaires. La presse arabe parle déjà de l’été israélien. Mais Nétanyahou n’est pas Ben Ali et Israël n'est ni un régime autoritaire, ni une dictature. En Tunisie ou en Égypte, le peuple réclamait plus de démocratie, ce n'est pas le cas des Israéliens. Il s'agit d'un appel à l'aide et non d'un rejet de l’État.
Sauf que des voix commencent à se faire entendre pour demander une redéfinition des institutions israéliennes. En effet, le pays ne possède pas de constitution mais son fonctionnement se base sur Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël du 14 mai 1948 et les 14 Lois fondamentales (Complément sur la Constitution).
Ces lois ont un caractère constitutionnel mais ne sont pas reconnues par tous comme une Constitution. Certains politiciens demandent donc, à l’occasion de ces manifestations d’une ampleur sans précédent, qu’un effort supplémentaire soit fait. Les lois fondamentales validées par la Knesset pourraient être rassemblées en un texte unique qui sera soumis à un référendum


Sources :
Kristell Bernaud – « Crise sociale: “l’été israélien“ » – Slate – 3 août 2011 http://www.slate.fr/story/41973/israel-crise-sociale-jeunes-ete
Hugo Domenach – « La révolte des tentes : "Un bol d'air pour la société israélienne" » – LEMONDE.FR – 2 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/02/la-revolte-des-tentes-un-bol-d-air-pour-la-societe-israelienne_1555466_3218.html#ens_id=1553372
Hugo Domenach – « Israël : un mouvement sans précédent pour plus d'Etat providence » – LEMONDE.FR – 1 août 2011 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/01/israel-un-mouvement-sans-precedent-pour-plus-d-etat-providence_1555107_3218.html#ens_id=1553372
Natalie Gay-Blum – « Un printemps arabe pour Israël ? » – LE NOUVELOBS – 31 juillet 2011 à 13:19 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/177875;un-printemps-arabe-pour-israel.html

Par AD