mercredi 8 septembre 2010

Intelligence économique et gestion des connaissances

Deuxième étape dans l’intelligence économique : la diffusion de l’information.


L’information collectée lors de la phase de veille est analysée, à pour objectif d’être diffusée, c’est là que l’intelligence économique rencontre la gestion des connaissances (knowledge management) que l’on peut synthétiser en une idée : la bonne information à la bonne personne au bon moment.

Le knowledge management (ou gestion des connaissances en français) est une discipline du management qui a pour objectif de percevoir, d'identifier, d'analyser, d'organiser, de mémoriser, et de partager des connaissances entre les membres des organisations, en particulier les savoirs créés par l'entreprise elle-même ou acquis de l'extérieur en vue d'atteindre l'objectif fixé.

L’intelligence décisionnelle (Business Intelligence) est l’activité de collecte, stockage, consolidation, analyse et diffusion de l’information interne à une entreprise (savoir faire transmis entre collaborateurs, informations sur les fournisseurs ou les clients, etc.). Elle utilise le même type d’outils que l’intelligence économique est peut être considéré comme une discipline sœur. Là où l’intelligence décisionnelle s’occupe de l’information interne à l’entreprise, l’intelligence économique s’occupe de l’information extérieure à celle-ci.

Le knowledge management est donc la gestion des informations venant des deux postes transverses d’une entreprise que sont l’intelligence décisionnelle et l’intelligence économique. L’intelligence économique est donc un outil du knowledge management.

Mais on peut également considérer le knowledge management comme un outil de l’intelligence économique. En effet, l’IE fonctionne par le partage des connaissances au sein de l’entreprise. L’information captée et analysée dans le cycle de veille doit être diffusée au décideur au moment où celui-ci en a besoin. Ces informations peuvent être complétées par des informations internes issues d’autres sources que celle de la cellule de veille. Le knowledge management apparait donc à ce moment pour éventuellement ajouter des informations qui seraient jugés importantes.

Deuxièmement, la protection des connaissances de l’entreprise contre les concurrents fait partie des prérogatives de l’intelligence économique. Cette protection est faite au travers de la gestion des connaissances puisqu’elle est une gestion de l’information.


Une entreprise qui veut mettre en place une démarche d’intelligence économique a tout intérêt à mettre en place également des structures d’intelligence décisionnelle (pour savoir ce que l’entreprise possède déjà comme information) et de gestion des connaissances (pour être sur que ces informations sont correctement traités, diffusées et protégées).
L’intelligence économique est une source d’informations. En lui associant, le knowledge management et l’intelligence décisionnelle, elle devient une aide à la décision stratégique.


Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Cours du mastère spécialisé en intelligence économique de l’EISTI
- AD – « Introduction à l’intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 2 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/introduction-lintelligence-economique.html
- AD – « Intelligence économique et nouvelles technologies de l’information et de la communication » - GlobalAnalysis France – 15 avril 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/04/intelligence-economique-et-nouvelles.html
- AD – «Veille, renseignement et intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 1 juin 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/06/comme-nous-lavons-vu-la-premiere-etape.html


Par AD

mardi 1 juin 2010

Veille, renseignement et intelligence économique

Comme nous l’avons vu la première étape de l’intelligence économique est la veille que l’on peut définir comme l’acquisition de l'information stratégique pertinente.

Ceci se fait selon la méthodologie dite du cycle du renseignement :
- Expression du besoin en information
- Collecte de l’information
- Analyse de l’information collectée
- Diffusion de l’information analysée

L’information diffusée amène de nouvelles questions et donc l’expression d’un nouveau besoin.



Cette méthodologie est utilisée pour tout recueil d’information que ce soit par une cellule d’intelligence économique ou par un service de renseignement étatique. La différence étant dans l’origine de ces informations.
Pour rester dans la légalité, l’intelligence économique ne peut exploiter que des renseignements trouvé dans des sources dites ouvertes ou blanches. Ces sources sont la presse, les sites internet d’informations ou des sociétés, des employés (blog, sites personnels), les informations misent à disposition par les sociétés ou les agences spécialisées (COFACE, agences de notations), les bases de données gratuites ou payantes.
Est considéré comme à la limite de la légalité (source grise) les informations obtenues par ouï-dire ou par entretien non rémunéré avec des experts ou des employés d’une société.
Les services de renseignements étatiques ou illégaux utilisent d’autres moyens comme le vol d’information en pénétrant dans les locaux ou les bases de données de la cible, l’interception de communications (e-mail, courrier, entretien téléphonique) ou encore en convaincant une personne ayant accès aux informations recherchée de leur fournir. Les motifs peuvent être variés mais son souvent regrouper dans l’acronyme anglais MISE (pour Money (argent) Ideology (Ideologie) Sex (sexe) Ego (estime de soi)).


Une fois cette information collectée, il faut l’analyser. Pour cette analyse, il faut faire appel à des spécialistes du sujet qui vont savoir extraire de l’information collectée l’information pertinente et intéressante. A cette étape, le spécialiste peut décider de diffuser ses conclusions ou faire des demandes d’informations complémentaires.
La diffusion de l’information se fait à toutes les personnes concernées par cette information, celles qui en ont fait la demande où celles qui peuvent en avoir besoin. C’est là qu’intervient la notion de Knowledge management (la bonne information à la bonne personne au bon moment).

Une fois cette information utilisée par le décideur, il émet de nouvelles demandes d’information et le cycle reprend.

Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Cours du mastère spécialisé en intelligence économique de l’EISTI
- AD – « Introduction à l’intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 2 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/introduction-lintelligence-economique.html
- AD – « Intelligence économique et nouvelles technologies de l’information et de la communication » - GlobalAnalysis France – 15 avril 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/04/intelligence-economique-et-nouvelles.html

Par AD

lundi 31 mai 2010

Gaza : un territoire sous perfusion

Le 29 mai six navires battant pavillon turc et transportant 700 militants pro-palestinien dont des eurodéputés ainsi que 10.000 tonnes d’aide partait de Chypre pour tenter de rallier la bande de Gaza. Le lendemain matin alors que les navires étaient encore dans les eaux internationales des commandos israéliens ont tenté de prendre le contrôle des bâtiments. Ils auraient rencontré une forte résistance et aurait tué une dizaine de personnes et blessé trente autres.

Histoire et géographie

À la fin du conflit israélo-arabe de 1948, la bande de Gaza est occupée par l'Égypte. Le territoire voit l'arrivée d'environ 170.000 réfugiés installés dans huit camps. En 1950, la population est de 254 000 habitants.
En 1956, quand Israël intervient dans la crise du canal de Suez en soutien de l'opération anglo-française contre l'Égypte, l'armée israélienne prend le contrôle de la Bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï. Les pressions des superpuissances (États-Unis et Union soviétique) conduisent au retour d'Israël derrière ses frontières de 1949, et au retour de l'administration égyptienne sur Gaza.
Les forces israéliennes envahissent de nouveau Gaza dès le début de la guerre des Six jours (juin 1967), et prennent le contrôle du territoire. Ils installent à leur tour une administration militaire qui durera de 1967 jusqu’à l'avènement de l'Autorité palestinienne en 1994, puis au démantèlement de l'intégralité des blocs de colonies israéliennes en 2005.

Géographiquement, il s’agit d’une bande de terre de 41 km de long sur la côte orientale de la Mer Méditerranée, au Proche-Orient, et porte le nom de sa principale ville, Gaza. D'une largeur de 6 à 12 km, son territoire est entouré au nord, à l'est et au sud-est par l’État d'Israël, et au sud-ouest par l'Égypte. La bande de Gaza a la particularité d'être l'une des zones les plus densément peuplées au monde tout en n'étant juridiquement rattachée à aucun État

Événements récents
Lors de la seconde Intifada, Ariel Sharon, alors premier ministre, ce résout à préparer un plan de désengagement des colonies israélienne à Gaza. Ce plan est validé par la Knesset en octobre 2004 et commence officiellement le 15 aout 2005. Le 17 août 2005, le gouvernement israélien ordonne à l'armée et à la police l'évacuation des quelques 7.000 personnes habitants les colonies juives de la bande de Gaza. Le 22 août 2005, Israël met fin à la colonisation de la bande de Gaza. Le 12 septembre 2005, les troupes israéliennes quittent la bande de Gaza, après 38 ans.
Ce désengagement est revendiqué comme une victoire par le mouvement Hamas de plus en plus populaire dans la bande de Gaza. Les 27 janvier 2005 et 5 mai 2005, le Hamas remportait déjà la majorité des sièges municipaux suite à ses résultats aux premier et second tours des élections locales à Gaza (avec un taux de participation de 85 %). La position prédominante du parti Hamas dans ce territoire fait craindre à certains observateurs, une perte d'influence de l'Autorité palestinienne à l'issue de l'évacuation israélienne. Ces craintes sont avérées par les affrontements fratricides entre le Hamas et le Fatah dans la bande de Gaza en particulier.

En janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives et un de ces membres est nommé premier ministre. La collaboration avec l’appareil politique du Fatah et les relations avec la Cisjordanie sont difficiles. Après des affrontements inter-palestinien, le Hamas sort victorieux et prend le contrôle de la bande de Gaza en juin 2007.

Ces événements sont considérés comme un coup d’état par la communauté international. L’Union Européenne bloque pendant quelques jours les fonds destinés à payer les livraisons de fioul. Ce qui empêche la seule centrale électrique du territoire de fonctionner. Le manque de carburant a également paralysé le traitement des eaux usées et l'approvisionnement en eau. 30.000 m² d'eaux usées non traitées se sont écoulées dans la Méditerranée menaçant alors l'aquifère côtier et endommageant aussi les côtes égyptiennes et israéliennes. En outre, les hôpitaux sont en rupture de médicaments, entraînant la mort de nombreux patients non soignés et empêchant les habitants de bénéficier des traitements de base.
Néanmoins, le bras de fer continue, le Hamas a capturé en juin 2006, Gilat Shalit et les roquettes Qassam tombent sur le sud d’Israël. L’Etat Hébreux renforce le blocus, terrestre, maritime et aérien, jusqu’à déclencher le 27 décembre 2008, l’opération Plomb Durci où Tsahal envahira une partie de la bande de Gaza avec des blindés après avoir bombardé les positions du Hamas.
Lors du cessez-le-feu en le 18 janvier 2009, le bilan s'élève à 1.315 Palestiniens et 13 Israéliens tués ainsi que plus de 5.300 blessés côté palestinien.

Suite au blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, la situation humanitaire s'était déjà fortement dégradée. L’« opération Plomb durci » a encore aggravé la situation malgré l'interruption de trois heures accordée par Israël pour permettre à l'aide humanitaire d'accéder sur le terrain. Mais le 8 janvier 2009, l'ONU suspend toutes ses activités à Gaza, mettant en cause l'armée israélienne après qu'elle a bombardé un de ses convois humanitaires et tué un chauffeur. L'organisation demande aussi une extension de l'interruption des trois heures qu'elle juge en l'état insuffisante. Le CICR de son côté accuse Tsahal d'empêcher l'accès des secours aux victimes.

Enjeux géopolitique
La bande de Gaza est un minuscule territoire niché entre le sud d’Israël et le nord de l’Egypte. Selon la vision sioniste, ce territoire au même titre que la Cisjordanie fait partie de l’Eretz Israel (la Terre d'Israël). Mais plus d’un million de réfugié palestinien en 2007 (selon l’UNRWA) Gaza est l’un des territoires les plus densément peuplé de la planète.

L'économie gazaoui est traditionnellement agricole et n'a connu quasiment aucun développement industriel sous l'occupation égyptienne de 1949 à 1967.
À partir de 1967, elle s'est totalement intégrée au marché israélien dont elle est devenue totalement dépendante. Gaza exportait essentiellement des produits agricoles vers Israël mais aussi des produits finis, fabriqués sous licence israélienne. La principale source de revenus restait cependant sa main d’œuvre non qualifiée qui était utilisée dans l'industrie du bâtiment et l'agriculture israélienne.
Suite à la prise du pouvoir par le Hamas en 2007, les bailleurs de fonds internationaux, comme l’Union Européenne, ont cessé les transferts financiers directs aux autorités publiques de la bande de Gaza qui ne sont plus en mesure de payer leurs employés. Le taux de chômage atteindrait en 2007 la barre des 40 %. La fermeture de tous les points de passage depuis 2007 a entraîné une restriction des approvisionnements en provenance d'Israël, qui est l'unique fournisseur. Ainsi, le nombre de camions de livraison s'est réduit de 250 à 45 par jour. Sur les 3.900 fabriques de toute nature recensées en juin 2005, il n'en reste plus que 195 employant seulement 1 750 personnes au lieu de 35.000. D'après un rapport de la Banque mondiale, 95 % de l'activité industrielle a été stoppée.
La bande de Gaza reste totalement dépendante d'Israël pour la fourniture de son électricité et de son carburant, et même si elle dispose de réserves de gaz offshore, elles ne peuvent être exploitées sans accès au marché international

Le trafic via les tunnels creusés sous la frontière avec l'Egypte a joué jusqu'à présent un rôle d'amortisseur mais la construction d'un mur d'acier enfoui en profondeur côté égyptien, officiellement pour empêcher un approvisionnement en armes, menace cette économie informelle que contrôle le Hamas. Il s’agit d’une mesure forte que les Egyptiens ont mis en place pour renforcer l’effet du blocus israélien mais cela

Les restrictions que subit la population palestinienne devraient progressivement diminuer depuis le retrait d'Israël en août 2005. Un accord signé le 15 novembre 2005 doit permettre rapidement l'ouverture plus large du point de passage de Rafah vers l'Égypte. L'Autorité palestinienne s'est engagée en contrepartie à lutter contre les trafics d'armes et l'Union européenne contrôlera la surveillance vidéo de ce poste frontière. Avant la fin de l'année 2005, Israël s'est engagé à permettre une plus grande circulation des biens depuis la bande de Gaza, l'exportation de tous les produits de l'agriculture, et la mise en place de lignes de bus palestiniennes qui traverseraient Israël. Un port à Gaza est également envisagé favorablement par les deux parties.

L'État hébreu affirme vouloir ainsi empêcher le Hamas de renforcer son arsenal, alors qu'il a déjà tiré des milliers de roquettes de l'autre côté de la frontière, mais des responsables onusiens et d'organisations humanitaires estiment que c'est l'économie gazaouite qui en pâtit. L'interdiction d'importer des matériaux de construction empêche ainsi les habitants de réparer les milliers de logement endommagés ou détruits par l'offensive militaire israélienne dans ce territoire à l'hiver 2008-2009.

Analyse et perspective
Depuis la fin de l’opération Plomb Durci, il semble que les mesures du blocus s’allègent de jour en jour. Cela allant de pair avec la baisse du nombre de roquettes tirées vers Israël. Il semble que le Hamas perdent de sa crédibilité auprès des Gazaouis et donc de son pouvoir. Néanmoins, le Fatah n’est toujours pas en position de reprendre le contrôle et il semble que la bande de Gaza glisse vers une sortie de chaos à demi contrôlé.
L’hypothèse d’un retour de Tsahal dans la bande de Gaza n’est donc pas à exclure. Néanmoins, l’erreur originelle a été d’abandonner la bande de Gaza au Hamas en pensant pouvoir l’asphyxier à force de blocus et de fonds non distribués. La communauté internationale a voulu punir le Hamas d’avoir volé le pouvoir au Fatah. Mais durant ces trois ans la population s’est radicalisée ayant eu le sentiment d’avoir été abandonné par ses soutiens internationaux, elle a eu confiance dans le Hamas puis cette confiance s’est étiolé au fur et à mesure que la situation s’aggravait.
Israël attend peut être une sorte de révolution où les gazaouis excédés par la situation chasserait le Hamas du pouvoir.
La communication de l’Etat Hébreux durant la guerre de l’hiver 2008 – 2009 allait dans ce sens. Elle visait à montrer que le Hamas était le responsable de tous leurs malheurs.
La communauté internationale a pleinement joué le jeu mais à néanmoins dénoncer les abus lors de l’invasion de Gaza.

Les évènements de ce matin remettent en question le support de la communauté internationale à Israël. L’attaque a eu lieu dans les eaux internationales et sur des navires battant pavillon turc. Au sens du droit de la mer, il s’agit d’une attaque de l’armée israélienne sur le territoire turc.
Cette attaque intervient au lendemain de la déclaration à l’ONU de mener une conférence sur le Proche-Orient dénucléarisé et la demande faite à l’état Hébreux de signer et respecter le traité de non-prolifération.

Les négociations entre Israël d’un côté, la Turquie, l’Union Européenne, l’ONU de l’autre dans les jours qui suivent vont être décisif pour l’avenir de la bande de Gaza.

Sources

• Wikipédia, l’encyclopédie libre
• The World Factbook, CIA
• « Assaut israélien meurtrier contre la flottille en route vers Gaza », LeMonde.fr LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 31.05.10 | 06h25 • Mis à jour le 31.05.10 | 08h58 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/05/31/assaut-israelien-contre-la-flottille-en-route-vers-gaza_1365247_3218.html#xtor=RSS-3208
• « La flottille internationale fait du surplace avant de rejoindre Gaza », LeMonde.fr LEMONDE.FR avec AFP | 30.05.10 | 09h24 • Mis à jour le 30.05.10 | 13h53 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/05/30/une-flotille-internationale-fait-route-vers-gaza_1365160_3218.html
• « Flottille interceptée pour Gaza - L'abordage meurtrier d'Israël », lePoint.fr Publié le 31/05/2010 à 07:20 - Modifié le 31/05/2010 à 09:57 Le Point.fr http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-05-31/proche-orient-flottille-interceptee-pour-gaza-l-abordage-meurtrier-d-israel/924/0/461054
• « Appel à l'intifada après l'assaut meurtrier de la flottille à Gaza », lexpress.fr Par LEXPRESS.fr, publié le 31/05/2010 à 06:39 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/appel-a-l-intifada-apres-l-assaut-meurtrier-de-la-flottille-a-gaza_895949.html
• http://www.unrwa.org/

Par AD

jeudi 15 avril 2010

Intelligence économique et nouvelles technologies de l’information et de la communication


L’intelligence économique (IE) est l'ensemble des activités coordonnées de collecte, de traitement et de diffusion de l'information utile aux acteurs économiques. Elle est particulièrement pratiquer par les grandes entreprises pour établir leur stratégie mais également par les chambres de commerces et le ministère de l’économie en France.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) regroupent un ensemble de ressources nécessaires pour manipuler de l'information et particulièrement les ordinateurs, programmes et réseaux nécessaires pour convertir, stocker, gérer, transmettre et retrouver ces informations. On peut décomposer les NTIC en secteurs suivants : l'équipement informatique ; les télécommunications et les réseaux informatiques ; le multimédia ; les services informatiques et les logiciels ; le commerce électronique et les médias électroniques.

La veille est l’acquisition de l'information stratégique pertinente pour un acteur économique. Aujourd’hui une grande partie de l’information est disséminée sur internet. Soit sur des sites référencés par les moteurs de recherche (web visible) soit sur des sites qui ne le sont pas (web invisible). Il existe des logiciels ou des applications web permettant d’accéder à tous les contenus présent sur internet. Ces outils de veille sont en très fort développement et sont de plus en plus utilisé comme base d’une cellule de veille. Bien entendu les réseaux eux-mêmes (réseau informatique, réseaux sociaux sur internet) sont également une source d’information et la veille s’applique à enregistrer tout changement d’information sur ces derniers.
Les réseaux sociaux en particulier sont un support pour les relations réelles. Pour identifier un expert ou un personnage clé sur un marché ou dans une entreprise, on peut utiliser les informations contenues dans les réseaux sociaux professionnels et privés.

Le stockage des informations ce fait de plus en plus sur des supports numérique. Il n’est pas rare de s’échanger des informations par e-mail ou par clé USB. Les informations d’une entreprise sont stockés sur des serveurs, des copies sont faites sur disques (CD ou disque optique) et parfois dupliqués dans des serveurs sur d’autres sites pour les protéger de tout risque liés aux locaux. Toutes ces informations sont partagées entre les collaborateurs, ce qui en fait leur valeur, mais elles doivent également être protégées. Le contrôle de l’accès aux informations sur internet ou sur un quelconque réseau informatique et la pérennité de ses informations sont des enjeux majeurs directions informatiques des entreprises. L’intelligence économique peut intervenir en tant que composante du knowledge management. Dans ce cas, l’IE est une source de proposition pour la stratégie informatique de l’entreprise.

La diffusion des informations recueillies par l’entreprise lors de la phase de veille et par les autres moyens doit être diffusée. Les NTIC ont révolutionnés le mode de transmission des informations d’une personne à l’autre ou d’un groupe à l’autre. Dans la plupart des entreprises, une grande partie des informations transitent par les e-mails. Ceci a permis la mise en place de newsletter mais certaines entreprises vont plus loin et proposent des espaces de travail collaboratif à leurs employés sur le modèle de Wikipédia. Ceux-ci encouragent le partage d’information et donc sa plus grande diffusion. Cette démarche est utilisée par la communauté américaine du renseignement dans le cadre d’un projet appelé Intellipedia.
La diffusion des informations ce fait également sur les sites internet (le plus souvent des sites institutionnels) mais également sur les blogs (souvent personnel) et sur les forums publics ou les réseaux sociaux. Pour prendre en compte ces besoins un nouveau métier est apparu celui de community manager.

Le métier du community manager est la réputation en ligne. L’e-réputation est l’image que les internautes se font d’une marque, d’une entreprise ou d’une personne. Cette notoriété numérique, le community manager la gère en prenant part aux discussions autour de l’entreprise sur les forums, sur les blogs, dans les réseaux sociaux. Mais elle se construit également à l’intérieur de l’entreprise en poussant les salariés à échanger entre eux mais également avec les internautes.
Mais bien sûr, internet recèle aussi des dangers pour la réputation comme l’usurpation d’identité ou de marque. Tout cela l’intelligence économique permet de le prendre en compte dans le volet d’influence.

Les NTIC ont révolutionnés notre vie, ils ont également révolutionnés les entreprises en leur permettant d’échanger toujours plus d’informations. Mais cela a également créé de nouveaux dangers. L’intelligence économique est une réponse à ses dangers. Elle permet de se saisir des dangers et de profiter pleinement des opportunités.

Glossaire :
Intellipedia : c’est un wiki classifié des renseignements des États-Unis d'Amérique. Il fonctionne sur le Joint Worldwide Intelligence Communications System, le réseau confidentiel qui connecte les 16 institutions formant l'Intelligence Community.
Web invisible : c’est l’ensemble des ressources internet non accessible aux moteurs de recherche traditionnel. Cela peut être des pages dynamiques dont le contenu est généré en réponse aux données entrées dans un formulaire, des pages qui ne sont pas liées par d'autres pages et qui ne peuvent donc pas être découvertes par les robots d'indexation, des pages de sites qui exigent un enregistrement ou imposent un accès limité à leurs pages, ce qui empêche les moteurs de recherche de les explorer et de créer des copies en cache, contenu de script, des pages qui ne sont accessibles qu'à travers des liens produits par l'exécution de programmes,. Une étude de juillet 2001 réalisée par l'entreprise BrightPlanet estime que le web profond pouvait contenir 500 fois plus de ressources que le web indexé par les moteurs de recherche. Ces ressources, en plus d'être volumineuses, sont souvent de très bonne qualité.
Web visible : c’est l’ensemble des ressources internet accessible aux moteurs de recherche.

Sources :
- Wikipédia, l’encyclopédie libre
- Cours du mastère spécialisé en intelligence économique de l’EISTI
- AD – « Introduction à l’intelligence économique » - GlobalAnalysis France – 2 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/introduction-lintelligence-economique.html

Par AD

mardi 16 mars 2010

La stratégie des drones : quand les avions tuent sans pilote

Un drone est un aéronef sans pilote humain à bord. Le nom veut dire "faux bourdon" en anglais mais ils sont plus communément appelé UAV pour Unmanned Aerial Vehicle. Ils emportent une charge utile destinée, le plus souvent, à des missions de type surveillance, renseignement, au profit des forces armées ou régaliennes d'un état (police, douane, etc.). La taille et la masse (de quelques kilogrammes à plusieurs tonnes) sont fonction des capacités opérationnelles recherchées. Le pilotage automatique ou à partir du sol permet d'envisager des vols de très longue durée, plusieurs dizaines d'heures.
Les avantages des drones par rapport à un avion classique sont nombreux, coûts de fabrication moins élevés, ils sont plus simple à mettre en œuvre (la présence d'un pilote étant l'un des éléments les plus dimensionnant pour la conception d'un tel système), ils sont également plus discrets et leur perte n'est pas aussi lourde de conséquences que celle d'un appareil complet et de son pilote.

Le premier rôle des drones (à l’exception de celui de bombe volante dès la Première Guerre Mondiale qui était plutôt les ancêtres des missiles) a été la collecte de renseignement. Dès la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam les Etats-Unis ont mis à profit leur supériorité technologique en automatique et transmission pour développer des moyens de surveillance sans faire courir de risque à des êtres humains. Lors de la guerre du Kippour en 1973, les batteries de missiles Syrienne au Liban au causé de grandes pertes aux chasseurs israélien. Israël fut donc l’un des premiers pays à développer des drones. Ces drones de reconnaissance ont fournis les images qui ont permis de neutraliser les défenses antiaérienne Syrienne dès le début de la guerre du Liban en 1982. Le résultat fut qu’aucun pilote israélien ne fut touché durant ce conflit.
Durant l’intervention de l’OTAN au Kosovo, les drones permettaient d’avoir de longue patrouille dans l’espace aérien Serbe sans épuisé les pilotes. Par la suite les drones ont intégré des systèmes de désignation des cibles comme les illuminateurs laser. Ce qui permettait de marquer une cible à distance qui sera ensuite attaquée par un appareil classique. En Afghanistan dès 2001, les Predator commandés à distance permettaient des attaques de précision sur des cibles non-accessibles aux forces spéciales.

Mais les drones sont devenus des appareils de combat en 2003 lorsque le Pentagone autorisa l’utilisation des Predator, qui jusqu’à présent ne faisait que de la reconnaissance, pour attaquer à l’aide de missiles anti-char Hellfire. Ces missiles permettaient d’attaquer des véhicules légers comme des petits bâtiments. Ce fut l’arme idéale pour des assassinats ciblés. Par la suite les Predator furent remplacés par les Reaper qui furent également déployés en Irak dès 2003.
A l’heure actuelle les Reaper sont commandés depuis des bases sur le territoire américain où des opérateurs pilotent à l’aide des images de caméras et de radars embarqués les drones au Moyen-Orient. La communication se fait par une liaison satellite sécurisée et le délai de propagation est d’environ 1,2 seconde. Le Reaper peut emporter des missiles anti-char Hellfire, mais également des bombes à guidage laser pour attaquer les bunkers et des missiles air-air pour l’autodéfense.
Israël se sert, depuis 2007, de ses drones pour la destruction des sites de lancement des roquettes Katioucha en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

En Afghanistan et au Pakistan, la politique d’utilisation des drones mise en place par George W. Bush et poursuivit et accélérée par Barack Obama est celle des assassinats ciblés commandités par la CIA. Ces attaques visant principalement des responsables d’Al Qaida ou des leaders Talibans auraient fait entre 830 et 1210 morts selon une estimation à partir de sources ouvertes de Peter Bergen et Katherine Tiedemann pour un rapport pour la New America Foundation. Ils estiment également le nombre de morts civils à 32%. Les drones étaient pourtant déployés dans les régions de l’est de l’Afghanistan et du nord ouest du Pakistan pour servir plusieurs buts. Le premier étant de limités les pertes américaines sur le terrain et le deuxième de limités la présence militaire et donc ne pas se montrer comme une force d’occupation et ainsi gagner les esprits et les cœurs. Mais les morts de civils, dommages collatéraux, ont tendance à renverser cette tendance.
Egalement rechercher par les autorités américaines, la peur de la mort silencieuse pouvant survenir n’importe où, n’importe quand. Mais même cet avantage à été perdu lorsqu’en été 2009, une équipe des renseignements américains découvre dans un ordinateur portable appartenant à un insurgé irakien des copies de vidéos provenant de la caméra d’un Predator. A cette occasion, le Pentagone à appris que moyennant l’achat pour 26 dollars d’un logiciel permettant d’intercepter les flux satellites, les insurgés irakiens pouvaient intercepter en temps réel aux images relayés par les satellites des drones vers leur station de pilotage. Ils ne pouvaient pas prendre le contrôle de l’appareil mais avoir accès aux images supprime l’effet de surprise et permet de connaitre la stratégie d’attaque des Américains.

Le futur des drones au point de vue politique est incertain. Il semble que Barack Obama veuillent continuer la guerre par correspondance même si l’indéniable avantage tactique n’est pas un avantage stratégique. L’assassinat plutôt que la capture ne permet pas d’exploiter les renseignements que les leaders ennemis pourraient fournir ce qui nuit à l’effort de guerre tout autant que les victimes civils. La raison fondamentale de cette intensification voulue par Obama est de permettre les activités militaires sur le territoire Pakistanais sans avoir à envoyer des troupes dans un pays officiellement allié. Le problème est que les responsables Talibans s’enfoncent de plus en plus dans le territoire pakistanais pour commander leurs opérations en Afghanistan ce qui pousse les drones toujours plus profondément dans le pays.

D’un point de vue technologique, les drones seront toujours plus indépendants, toujours plus intelligents et remplir toujours plus de missions. Ils seront également plus maniables et plus discrets. Néanmoins, les problèmes qui vont survenir sont bien connus. Avec une complexification des systèmes, les données à transmettre seront toujours plus nombreuses et plus complexes. Le cryptage et le volume de données, la bande passante utilisée seront les éléments bloquant à la prolifération des drones qui est pourtant en cours. La solution est l’automatisation d’un maximum de fonction mais la doctrine militaire américaine pour l’instant veut que se soit un être humain qui est le dernier mot et que seul un être humain puisse appuyer sur la gâchette. Pour cela il faudra toujours plus d’informations ou faire confiance aveuglément à la machine.

Sources :
• SpyworldActu - Examen du rapport d’information sur les drones – SpyworldActu – 2 décembre 2009 - http://www.spyworld-actu.com/spip.php?article12179
• Scott Shane – « Drones de guerre au Pakistan » - Courrier International – 10 décembre 2009 - http://www.courrierinternational.com/article/2009/12/10/drones-de-guerre-au-pakistan
• Siobhan Gorman, Yochi J Dreazen et August Cole – “Insurgents Hack U.S. Drones” – The Wall Street Journal – 17 février 2009 - http://online.wsj.com/article/SB126102247889095011.html
• Jim Jarrassé - « Les insurgés irakiens piratent les drones américains » – LeFigaro.fr – 17 décembre 2009 - http://www.lefigaro.fr/international/2009/12/17/01003-20091217ARTFIG00675-les-insurges-irakiens-piratent-les-drones-americains-.php
• New America Foundation - http://counterterrorism.newamerica.net/drones
• Peter Bergen et Katherine Tiedemann – “The Year of the Drone” – Counterterrorism Strategy Initiative Policy Paper - New America Foundation – 24 février 2010 - http://counterterrorism.newamerica.net/sites/newamerica.net/files/policydocs/bergentiedemann_0.pdf
• Lemonde.fr avec AFP- « L’utilisation de drones au Pakistan n’a pas d’effet sur la guerre » - LeMonde.fr – 26 février 2010 - http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/02/26/l-utilisation-de-drones-au-pakistan-n-a-pas-d-effet-sur-la-guerre_1311552_3216.html
• Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Par AD

mercredi 10 mars 2010

La politique israélo-palestinienne d'Obama

Barack Obama dès le début de son mandat à voulu montrer qu’il s’impliquait dans la résolution du conflit israélo-arabe. En effet, le 22 janvier 2009 lui, et la Secrétaire d’Etat Hilary Clinton, nommait George J. Mitchell envoyé spécial pour le Moyen-Orient. Mitchell est à la fois un spécialiste des négociations de Paix (il a participé à la résolution du conflit irlandais et à été nommé pour le prix Nobel à cette occasion) et un spécialiste du conflit israélo-palestinien (il a été missionné par le Bill Clinton pour établir un rapport sur le conflit et surtout sur les moyens de le résoudre).
Cette nomination a été particulièrement bien perçue aux USA ainsi que dans la région du Moyen-Orient où il semblait que cela permettait une nouvelle donne après la présidence Bush et la conférence d’Annapolis (qui a vu néanmoins l’officialisation d’une solution à deux Etats).
De part ces origines musulmanes, le candidat Obama a eu tout de suite la sympathie de la rue arabe. C’est pour cela qu’au cours de sa campagne, il a insisté sur son soutient inconditionnel à l’Etat d’Israël. Le fait est que sa rivale démocrate, Hilary Clinton, était la candidate préférée des juifs américains et de la puissante AIPAC.
Mais Barack Obama a réussi à s’imposer lors des primaires et il a donc tout fait pour remporter face à John McCain et a nommer Hilary Clinton Secrétaire d’Etat.
Lors de l’opération Plomb Durci de l’armée israélienne contre le Hamas à Gaza, le président-élu es t resté étonnamment silencieux puisqu’il n’a fait aucune déclaration à ce sujet. Ceci lui a été fortement reproché par les démocrates comme les républicains.
En mars 2009, préparant la visite de Mme Clinton, Obama déclare que la paix ne sera possible que lorsque les israélien retireront les colonies en Cisjordanie, colonies que les Etats-Unis reconnaissent comme illégales. La Secrétaire d’Etat, en voyage à Jérusalem demande, elle, le gel des colonies et rappelle qu’elles sont un obstacle au processus de Paix et contraire à la feuille de route.
Lors de cette visite Mme Clinton a également abordé la solution à deux Etats qui a été accepté par la ministre des Affaires Etrangères Tzipi Livni, qui allait perdre les élections et passé dans l’opposition, mais n’a pas été accepté par le nouveau premier ministre Benjamin Netanyahu. Celui-ci rappelait que la condition pour le gel des colonies était que l’Autorité Palestinienne fasse cesser le terrorisme. Néanmoins avec la prise de Gaza par le Hamas en 2006, cet objectif n’est pas à la portée de Mahmoud Abbas pour l’instant.
Le 4 juin 2009, lors de son discours du Caire, où le Président américain s’adressait aux Musulmans, il déclara que les Etats-Unis n’acceptaient pas la légitimité des colonies israéliennes. Il a demandé l’arrêt des colonies qu’il considère comme un obstacle au processus de Paix. Il a également rappelé que l’antisémitisme et la négation de l’Holocauste était des comportements dangereux. En particulier sur la Shoah, il a rappelé que 6 millions de Juifs avaient été tué, soit l’équivalent de la population juive d’Israël à l’heure actuelle.
Depuis, l’administration Obama n’a eu de cesse de demander le gel des colonisations en Cisjordanie. Il n’a toujours pas eu gain de cause mais le gouvernement israélien dans le cadre de la mission Mitchell à proposer un gel temporaire des colonisations pour 10 mois. Ces conditions n’ont pas été jugée suffisantes par M. Abbas qui demande un gel total avant toute négociation. Au 22 janvier 2010, Barack Obama a reconnu l’échec des négociations et de la mission Mitchell.
L’avenir est donc incertain. La fin probable de la mission Mitchell n’est pas de bonne augure, néanmoins 2010 devrait voir des élections législatives et présidentielle en Palestine ce qui permettra certainement une nouvelle donne et de nouveaux interlocuteurs.
Du côté israélien, le gouvernement conservateur propose un gel temporaire de la colonisation. Ce n’est suffisant ni pour l’autorité palestinienne ni pour les membres du Quartette. Mais il faut le voir comme une première étape pour la reprise des négociations.
Une fois de plus, le processus semble bloqué malgré les efforts d’Obama et d’Hilary Clinton. Les Etats-Unis et leur rôle de médiateur ne semble pas suffisant, il faudrait certainement, comme le suggère certains auteurs (voir bibliographie) que la politique d’Obama soit plus lisible d’une part et peut-être qu’il revienne sur le soutient sans faille à Israël ou du moins qu’il menace de retirer ce soutient pour pouvoir faire pression plus efficacement sur l’Etat Hébreu. . La visite du Vice-président Joe Biden en visite les 9 et 10 mars 2010 avait pour but de rassurer Israël et de montrer son engagement sans faille à la sécurité de l'État Hébreu, notamment face à l'Iran, il a rappeler que les États-Unis s'opposent à la colonisation et rappelle les engagements du premier ministre Nétanyahou de gel des colonies. Néanmoins, l'annonce de nouvelle constructions remet en jeu l'espoir de négociations indirectes.

Glossaire :
AIPAC : American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) est un groupe de pression né en 1951 aux États-Unis visant à soutenir Israël en particulier dans son conflit avec les États arabes de la région ainsi que l'idéologie sioniste. L'AIPAC soutient fortement la droite israélienne et plus spécialement le Likoud (notamment sur toutes les questions touchant aux colonies dans les territoires occupés).
Conférence d’Annapolis : La conférence d'Annapolis est une conférence diplomatique pour la paix au Moyen-Orient qui s'est tenue le 27 novembre 2007, à l'Académie navale d'Annapolis, dans le Maryland aux États-Unis. Cette conférence officialise pour la première fois, la « solution à deux États » pour résoudre le conflit israélo-palestinien est inscrite à l'ordre du jour et acceptée par les deux parties. La conférence s'est terminée par la publication d'une déclaration conjointe de toutes les parties.
Feuille de route : La « Feuille de route » (traduction abusive de road map) a été adoptée par le Quartette diplomatique (l’Organisation des Nations unies, de l’Union européenne, des États-Unis d’Amérique et de la Fédération de Russie) réuni le 30 avril 2003 comme une proposition pour mettre un terme au conflit israélo-palestinien. La Feuille de route était destinée à aboutir, par étapes, à un règlement permanent du conflit israélo-palestinien, sur la base du principe de l'existence de deux États.
Plomb Durci : C’est une opération militaire israélienne dans la Bande de Gaza, qui débuta le samedi 27 décembre 2008 à 11 h 30 du matin caractérisée par des raids et bombardements aériens suivis par une offensive terrestre lancée le 3 janvier 2009 vers 19 heures 30 (heure normale d'Europe centrale). L'objectif déclaré des Israéliens était de mettre fin aux tirs de roquettes Qassam du Hamas sur le territoire israélien, en particulier sur la ville voisine de Sderot, et à son réapprovisionnement en armement, en s'en prenant aux militants du Hamas et en détruisant des infrastructures qu'il utilise, en particulier les centaines de tunnels creusés sous la frontière entre la Bande de Gaza et le Sinaï égyptien.

Sources :

lundi 15 février 2010

Un an de présidence Obama : le point sur la guerre contre la Terreur

Le concept de GWOT
La GWOT (Global War On Terror, guerre mondiale contre le terrorisme) est un concept géopolitique développé par l’administration américaine du président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001.
Ce terme regroupe les guerres menées contre Al Qaida en Afghanistan, celle contre Saddam Hussein en Irak mais également des programmes secrets comme la restitution extraordinaire (voir AD – « Extraordinary rendition : la partie immergée de l’iceberg » - GlobalAnalysis France – 21 juillet 2008), la déportation de prisonniers de guerre à Guantanamo et dans les prisons secrètes ainsi que les programmes d’écoute de communications par la NSA (AD – « Echelon : l’écoute planétaire ? » - GlobalAnalysis France – 18 janvier 2010), le USA PATRIOT Act (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/USA_Patriot_Act) et la création du Department of Homeland Security.

La guerre selon George W. Bush
A la suite des attentats du 11 septembre 2001, George Bush à déclarer la croisade contre le terrorisme. Cette formulation, peu appréciée, fut remplacée par l’expression de guerre contre la Terreur. La GWOT comme on l’a vu a été le moyen de mettre en œuvre un certain nombre de mesure extraordinaire sur une longue durée. L’administration Bush à déclarée le pays en guerre et comme dans tout pays en conflit ouvert on trouve un certain nombre d’euphémismes qui permettent de déguiser la vérité. L’utilisation du terme de combattant ennemi (enemy combatant) remplace le terme de prisonnier de guerre ce qui permet d’éviter que la Convention de Genève ne s’applique à eux. Le concept de guerre préemtive qui permet d’attaquer un pays qui représenterait une menace à été utilisé pour justifier l’invasion de l’Irak qui détenait potentiellement des armes de destructions massives. Dans ce type de cas, celui qui frappe le premier sait de manière sûre qu’il va être agressé, donc il cherche à prendre l’avantage stratégique, il détermine seulement quel camp sera le premier à recevoir une frappe. Cela est une forme de légitime défense et est donc légal au sens de l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Même si le concept n’est pas nouveau, la puissance militaire des USA permet d’imaginer une guerre dans n’importe quel pays du monde puisque la doctrine Bush est construite sur le triptyque Réseaux terroriste - Etats Voyous - Armes de destruction massive.

L’administration démocrate
Le président Obama depuis sa prise de fonction il y a un an a mit fin enhanced interrogation techniques  (techniques améliorées d’interrogatoire) qui sont considérée comme des méthodes de torture physique ou psychologique, il a déclassifié un certain nombre de mémo et à annoncer la fermeture de la prison de Guantanamo ainsi que des sites noires (les prisons secrètes de la CIA. Ces fermetures ont été décrétées par un executive order deux jours après son investiture par Barack Obama mais ne sont toujours pas effective alors même que cet ordre rendait la mesure effective dans un délai d’un an. En ce qui concerne les écoutes illégales de la NSA, elles n’ont pas été supprimées et l’on peut donc supposer qu’elles sont toujours d’actualité.
Fin mars 2009, l'administration Obama a indiqué ne plus vouloir se référer au terme de War on Terror (guerre contre le terrorisme), hérité de l'administration précédente ; au profit de la désignation de Overseas contingency operations.

Obama confronté au terrorisme sur le territoire américain
Le 25 décembre 2009, Barack Obama était confronté pour la première fois au terrorisme sur le territoire américain. En effet, un jeune nigérian du nom d’Omar Farouk Abdulmuttalib tente de faire détonner une poudre explosive alors que l’avion dans lequel il se trouvait était en approche finale de l’aéroport de Detroit.
Sa première réaction à été à l’encontre des organes de renseignement, il a ainsi critiqué à mots couverts la CIA et à redemander une plus grande collaboration entre les seize agences de la communauté du renseignement. Il a également annoncé plus de contrôles aux frontières mais également qu’il ne sacrifierait pas les valeurs de démocratie de son pays.
En ce qui concerne les opérations extérieure, le Président Obama a confirmer sa volonté de désengagement d’Irak pour 2011 et de concentrer son effort sur l’Afghanistan. En ce qui concerne le Yémen qui semble être le nouveau refuge d’Al Qaida, il n’envisage pas d’intervention armée mais privilégie les opérations secrètes (actions ponctuelles de la CIA et des drones armées) ainsi que la formation des services de sécurité du pouvoir en place.

Glossaire
CIA : Central Intelligence Agency (agence centrale de renseignement) il s’agit de la principale agence de renseignement américaine. Elle a été fondée en 1947 par le National Security Act passé par l’administration Truman.
Combattant ennemi : le combattant ennemi dans le contexte de cet article est une personne qui est détenue dans le cadre des pouvoirs de guerre donnés par le Congrès à George W. Bush le 18 septembre 2001. Le 13 novembre 2001, le président Bush a passé un ordre présidentiel militaire (Presidential Military Order: Detention, Treatment, and Trial of Certain Non-Citizens in the War Against Terrorism)
Convention de Genève : Ce sont des traités internationaux fondamentaux dans le domaine du droit international humanitaire. Elles définissent des règles de protection des personnes en cas de conflit armé, notamment les soldats de certaines actions, les blessés et prisonniers de guerre, mais aussi les civils et leurs biens.
Department of Homeland Security : Département de la Sécurité intérieure, il s’agit d’un département de l'administration fédérale américaine créé en novembre 2002 à l'initiative du président George W. Bush, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001. Son objectif est d'organiser et d'assurer la sécurité intérieure du pays.
Charte des Nations Unies, articles 51 : il s’agit d’un l’article du chapitre VII (action en cas de menace contre la Paix, de rupture de la Paix et d’acte d’agression) de la Charte des Nations Unies. Il définit la possibilité de légitime défense.

Sources / Pour aller plus loin :
·        Wikipédia, l’encyclopédie libre
·        François-Bernard Huyghe - « Analyse: peut-on gagner la guerre globale contre le terrorisme? » - Terrorisme.net - 31 août 2004, 15:12 http://www.terrorisme.net/p/article_118.shtml
·        Corine Lesnes – « M. Obama : les Etats-Unis sont "en guerre" contre Al-Qaida » - Le Monde – 9 janvier 2010
·        AD – « Extraordinary rendition : la partie immergée de l’iceberg » - GlobalAnalysis France – 21 juillet 2008 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2008/07/extraordinary-rendition-la-partie.html
·        AD – « Echelon : l’écoute planétaire ? » - GlobalAnalysis France – 18 janvier 2010 http://globalanalysisfrance.blogspot.com/2010/01/echelon-lecoute-planetaire.html 
Par AD